Hercberg S, et al., Incidence of cancers, ischemic cardiovascular diseases and mortality during 5-year follow-up after stopping antioxidant vitamins and minerals supplements: a postintervention follow-up in the SU.VI.MAX Study, Int. J. Cancer 2010 ; 127(8):1875-81.
L’étude SU.VI.MAX s’est déroulée entre 1994 et 2002 et a porté sur plus de 12 000 Français de 35 à 60 ans. Cette étude d’intervention randomisée, en double aveugle contre placebo, avait montré une réduction significative de l’incidence du cancer et de la mortalité totale chez les hommes supplémentés à dose nutritionnelle (vitamines C et E, béta-carotène, zinc, sélénium) vs le groupe placebo. Mais l’effet dure-t-il après l’arrêt de la supplémentation ? Les participants ont continué à être suivis par un questionnaire tous les 6 mois.
Cinq ans après la fin de l’intervention, les effets de la supplémentation en antioxydants ont disparu : la réduction du risque de cancer et de la mortalité n’est plus évidente. Doit-on pour autant recommander à la population générale de se supplémenter en antioxydants tout au long de la vie ?
Les auteurs restent réservés car les études d’intervention qui portent sur la supplémentation en antioxydants montrent également une augmentation du risque de certains cancers, y compris SU.VI.MAX chez les femmes. Même pris à dose nutritionnelle, les compléments alimentaires pourraient avoir des effets négatifs chez les sujets à risque ou en début de phase de cancérisation. Une alimentation équilibrée et variée reste la meilleure approche de santé publique.