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BFDG 2021 : pratiques éducatives parentales et comportements alimentaires des enfants

Temps de lecture : 3 minutes

Date de publication : 19 avril 2021

BFDG 2021 : pratiques éducatives parentales et comportements alimentaires des enfants


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Les 45es rencontres internationales du BFDG (British Feeding and Drinking Group) ont eu lieu cette année en ligne les 31 mars et 1er avril. Nous avons sélectionné deux conférences mettant en évidence les liens entre les pratiques éducatives parentales et les comportements ou consommations des enfants:

Pratiques éducatives parentales du père et de la mère et comportement de l’enfant

Les études examinant les liens entre les pratiques éducatives parentales en matière d’alimentation et les comportements des jeunes enfants portent principalement sur les pratiques maternelles. Kaat Philippe (CSGA, Dijon) présente un travail de recherche évaluant les différences entre les mères et les pères concernant ces pratiques, ainsi que les impacts sur le comportement de l’enfant. Au total, 105 couples, soit 105 mères et 105 pères d’un enfant âgé de 2 à 6 ans, ont répondu séparément à un questionnaire pour évaluer leurs pratiques et leur perception des comportements alimentaires de leur enfant.

Les résultats mettent tout d’abord en évidence que les pères et les mères ont une perception similaire des comportements alimentaires de leur enfant, ainsi que de la façon dont sont réparties les tâches entre les deux parents. Les achats alimentaires ainsi que les préparations des repas sont le plus souvent pris en charge par les mères ou sont également répartis entre les deux parents.

Il apparaît également que les pères mangent moins souvent en compagnie de leur enfant que les mères : ceci est surtout vrai pour le petit déjeuner (P < 0,001), mais aussi pour le repas de midi (P < 0,01) et le repas du soir (P < 0,05). Autres différences : les pères mettent plus fréquemment de la pression pour que leur enfant mange (P < 0,05), ils utilisent plus souvent la stratégie de la récompense alimentaire (P < 0,01) et ils proposent moins souvent à l’enfant de manger la même chose que le reste de la famille (P < 0,05).

Enfin, la chercheuse met en évidence une diminution significative du plaisir à manger chez l’enfant ainsi qu’une néophobie alimentaire augmentée lorsque le père ou la mère met de la pression pour inciter l’enfant à manger.

Pour conclure, Kaat Philippe met en avant l’importance de considérer le rôle du père dans les études examinant les liens entre pratiques parentales et comportement de l’enfant. Elle pointe également la nécessité de communiquer sur le caractère contre-productif des stratégies parentales contingentes et coercitives.

 

Pratiques restrictives parentales et consommation de sucre de l’enfant

La restriction est une stratégie souvent utilisée par les parents pour limiter la consommation de produits sucrés de leur enfant. Carina Mueller (Wageningen University) examine les effets de cette stratégie sur la consommation effective de leur enfant d’aliments contenant des monosaccharides et des disaccharides. Un questionnaire en ligne incluant en particulier un rappel alimentaire pour une période de 3 jours a été rempli par 243 parents d’enfants âgés de 4 à 7 ans.

Les résultats montrent une consommation moyenne de monosaccharides et de disaccharides (hors lactose) égale à 111 ± 45 g/j, issus principalement des boissons sucrées (38 ± 24 g/j), des aliments sucrés (42 ± 20 g/j), des fruits frais (28 ± 13 g/j) et des fruits secs (3 ± 5 g/j).

Il apparaît que plus les parents utilisent la restriction pour limiter les apports en produits sucrés de leurs enfants, moins ces derniers consomment effectivement de sucres issus des aliments contenant des sucres ajoutés. Par contre, une relation inverse est observée avec la consommation de sucres issus des fruits frais et secs : cette consommation augmente avec la hausse des pratiques restrictives des parents.

La chercheuse met aussi en évidence un lien entre le niveau de restriction parentale pour le sucre et les croyances des parents. Plus les parents considèrent que le sucre est délétère pour la santé et que la préférence pour le goût sucré est modifiable, plus ils utilisent la restriction comme stratégie auprès de leur enfant.

En conclusion, la restriction vis-à-vis des aliments sucrés semble être préférentiellement adoptée par les parents ayant le plus de préoccupations pour la santé de leur enfant. Le niveau de restriction parentale a un impact sur la consommation effective de sucre des enfants : une restriction augmentée détourne les enfants des produits contenant du sucre ajouté au profit des fruits frais et secs.

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