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En direct des rencontres du BFDG 2019 : l’alimentation en pleine conscience

Temps de lecture : 4 minutes

Date de publication : 03 juin 2019

En direct des rencontres du BFDG 2019 : l’alimentation en pleine conscience


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Plus de cent cinquante experts dans l’étude des comportements alimentaires se sont réunis à Swansea (Pays de Galles) les 16 et 17 avril derniers à l’occasion des 43es rencontres internationales 2019 du BFDG (British Feeding and Drinking Group). Parmi les nombreuses conférences présentant les recherches les plus récentes, plusieurs concernaient les effets de l’alimentation en pleine conscience.

L’alimentation en pleine conscience peut-elle aider à mieux manger ?

La pleine conscience (mindfulness) consiste à diriger son attention à ce qui se passe aussi bien à l’intérieur de soi (dans son corps), qu’à l’extérieur de soi (dans son environnement), délibérément, au moment voulu et sans jugement de valeur. Utilisée depuis 1979 par le Dr Jon Kabat Zinn comme une technique pour réduire le stress, cette pratique est toujours employée aujourd’hui, par exemple pour éviter les rechutes en cas de dépression ou pour favoriser des changements comportementaux, comme l’arrêt du tabac. La psychologue Katy Tapper (City University de Londres) explore de quelle manière la pleine conscience, appliquée à l’alimentation, peut aider à manger de façon plus saine.

L’alimentation en pleine conscience est une expérience qui sollicite toutes les parties de soi-même à chacune des étapes du choix, de la préparation et de la consommation de ses aliments. Elle invite à porter son attention sur les aliments consommés (couleurs, textures, saveurs) ainsi que sur ses réactions aux aliments et ses signaux de faim et de satiété.

Le protocole expérimental principalement utilisé pour examiner les effets de l’alimentation en pleine conscience, consiste, au cours d’une première étape, à inviter deux groupes de personnes à consommer, soit en pleine conscience, soit sans instruction particulière, un/des aliment(s) donné(s) en quantité fixe. Puis, au cours d’une deuxième étape, les participants de chacun des groupes sont invités à consommer, à volonté, ces mêmes ou d’autres aliments.

Si plusieurs études montrent qu’une induction de pleine conscience permet de diminuer les aliments ingérés à volonté (au cours de la deuxième étape) ou d’orienter les choix vers des aliments plus sains, d’autres ne montrent aucun effet de cette induction. Si ces écarts dans les résultats restent à expliquer, Katy Tapper présente trois explications possibles des effets bénéfiques de l’alimentation en pleine conscience :

  1. Elle peut dans un premier temps inciter à prioriser le plaisir plutôt que le rassasiement, et donc inviter à arrêter de manger lorsque le plaisir diminue, avant d’être totalement rassasié.
  2. Elle peut aussi simplement inviter à manger plus lentement, qui est associé à une prise alimentaire diminuée.
  3. Enfin, elle peut promouvoir le contrôle inhibiteur qui permet de réguler des réactions émotionnelles ou de ne pas se laisser distraire par des informations non pertinentes à l’acte alimentaire.

En conclusion, la psychologue met en avant le fait que l’alimentation en pleine conscience peut, dans certaines conditions, avoir des effets bénéfiques sur la quantité ou la qualité des aliments consommés. La compréhension des paramètres spécifiques permettant l’observation de ces effets, ainsi que des mécanismes mis en jeu, est un défi pour les futures recherches dans ce domaine.

L’alimentation en pleine conscience peut réduire l’effet de la taille des portions

Lorsque la taille d’une portion d’un aliment, servie à une personne, augmente, on observe le plus souvent une augmentation significative de la quantité de cet aliment consommé par cette personne. Ce phénomène appelé « effet de la taille des portions » est particulièrement marqué avec les aliments jugés les plus savoureux. L’équipe du Dr Michael Mantzios de l’Université de Birmingham a examiné auprès de plus de 100 adultes si une induction de pleine conscience pouvait avoir un impact sur l’intensité de cet effet.

Au cours d’une session expérimentale, les participants ont tous été conviés à consommer à volonté des cacahuètes enrobées de chocolat, soit en lisant un journal (groupe Contrôle), soit en étant invités par le biais d’instructions écrites à augmenter leur attention au moment présent et aux aliments consommés (groupe Mindfulness). Par ailleurs, chacun des deux groupes était divisé en deux sous-groupes recevant soit une grande portion (600 g), soit une portion réduite (300 g) de cacahuètes.

Les résultats montrent que, dans le groupe Contrôle, l’effet de la taille des portions a bien été observé, l’ingestion calorique augmentant de 94 kcal lorsque la taille de la portion augmente (P = 0,03). Dans le groupe Mindfulness, aucune différence significative n’a par contre été mise en évidence entre les deux sous-groupes, concernant l’ingestion de calories (P = 0,42), suggérant une réduction de l’effet de la taille des portions grâce à l’induction de pleine conscience.

Face à l’augmentation de la taille des portions servies au fast food ou au restaurant, ou encore l’augmentation de la taille des emballages alimentaires, l’alimentation en pleine conscience peut contribuer à limiter la surconsommation

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