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Le Pr Jean Trémolières (1913-1976), l’origine de la nutrition à la française

Temps de lecture : 3 minutes

Date de publication : 02 février 2015 / Date de mise à jour : 20 décembre 2016

Le Pr Jean Trémolières (1913-1976), l’origine de la nutrition à la française


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Le Pr Jean Trémolières est né en 1913, le centenaire de sa naissance fut l’occasion de lui rendre hommage. Il est considéré comme l’un des pères de la nutrition moderne en France, à l’origine de plusieurs structures majeures toujours actives. Retour sur son parcours.

T. Depecker, A. Lhuissier (2015) Jean Trémolières : 1913-1976, The Journal of Nutrition ;145(1):1-4.

Le Pr Jean Trémolières est né en 1913, le centenaire de sa naissance fut l’occasion de lui rendre hommage. Il est considéré comme l’un des pères de la nutrition moderne en France, à l’origine de plusieurs structures majeures toujours actives. Retour sur son parcours.De nombreux enregistrements audio ou vidéo du Pr Jean Trémolières sont disponibles dans les archives de l’Ina : http://www.ina.fr/recherche/search

Né en 1913 à Paris, Jean Trémolières suit des études de médecine, interrompues par la Seconde guerre mondiale. L’expérience de médecin de guerre sur le front marque profondément le jeune homme à l’éducation bourgeoise et catholique.
Après sa thèse, il devient, en 1943, directeur de la section nutrition de l’Institut national de l’hygiène (INH), futur INSERM. Il y poursuit les enquêtes épidémiologiques sur le statut nutritionnel des Français initiées pendant la guerre pour étudier les impacts du rationnement, combinant évaluations des consommations alimentaires et tests biologiques et cliniques. Trémolières, qui s’intéresse autant au contenu des régimes alimentaires qu’à l’environnement sociologique dans lequel évolue les sujets, étoffe progressivement ces enquêtes en y intégrant des questions plus générales autour de l’alimentation. Il est ainsi considéré comme l’instigateur des enquêtes alimentaires modernes en France.
En 1956, il prend la tête du Laboratoire de nutrition humaine à Bichat, premier centre de recherche français implanté dans un hôpital. Tout au long de sa carrière, Jean Trémolières a pratiqué une nutrition « engagée ». D’abord par son implication dans divers projets, en particulier l’étude des effets dévastateurs d’une renutrition inappropriée et trop hâtive sur les déportés de 1945 à 1947 ou celle des problèmes endémiques causés par la sous-nutrition dans les pays pauvres en 1949, à la demande de la FAO.
Au fil du temps, il a également forgé sa propre vision de la nutrition, qu’il a partagée à travers plusieurs écrits (revues : La santé de l’Homme, 1949, Sciences et vie, 1953 ; ouvrages : Diététique et art de vivre et Partager le pain, 1975, etc). Son approche transdisciplinaire de la nutrition, qui doit absolument tenir compte des aspects psychologiques et sociologiques, a profondément imprégné et imprègne toujours les esprits des nutritionnistes et sociologues français.
Son engagement s’est également manifesté par la participation à plusieurs cabinets ministériels. En 1961, à la création de la DGRST (Délégation générale à la recherche scientifique et technique), Trémolières est nommé directeur de son comité de nutrition. Très vite, il suggère d’associer les laboratoires du secteur privé à la recherche. C’est dans cette optique qu’il transfère peu à peu ses travaux au CNAM (Conservatoire national des arts et métiers) où il est élu à la chaire « Biologie en vue des applications à l’agriculture et à l’industrie » en 1964. Il devient aussi directeur de recherche à l’Institut scientifique et technique de l’alimentation. La relation entre industrie agroalimentaire et santé des populations devient son sujet de prédilection.
Parmi les autres champs d’activités de Trémolières, citons aussi sa contribution au développement de l’enseignement des diététiciens. Il donne notamment des cours dans la première école parisienne de diététique qui ouvre ses portes en 1952. Trémolières a également œuvré à la diffusion de l’information nutritionnelle en fondant en 1963, avec le Pr Bour, la Société de Nutrition et de Diététique de Langue française (aujourd’hui Société française de nutrition) qui organise des événements à destination du grand public, des industriels et des autorités publiques et publie les Cahiers de nutrition et de diététique, dont Trémolières était le responsable. En 1974, il crée, toujours avec le Pr Bour, l’Institut français pour la nutrition (remplacé aujourd’hui par le Fonds français pour l’alimentation et la santé) avec pour objectif d’améliorer le dialogue entre le monde scientifique et le monde industriel.

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