En direct des rencontres du British Feeding and Drinking Group : enfance et comportements alimentaires

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Plus de cent cinquante experts dans l’étude des comportements alimentaires se sont réunis à Lyon les 12 et 13 avril derniers à l’occasion des 42es rencontres internationales du BFDG (British Feeding and Drinking Group). Coup de projecteur sur quelques résultats de recherche récents concernant les comportements alimentaires durant l’enfance.

 

Alimentation autonome du bébé et apports nutritionnels

La Diversification alimentaire Menée par l’Enfant (DME), également appelée alimentation autonome du bébé, est une alternative à la Diversification Standard (DS). Elle s’appuie sur les principes suivants : des aliments solides sont proposés à l’enfant ; l’enfant mange en autonomie ; il choisit dans son assiette ce qu’il mange. L’équipe du Dr Clegg (Oxford, Royaume-Uni) a mené une étude transversale auprès de 134 enfants âgés de 6 à 12 mois afin de déterminer les différences de consommations alimentaires et d’apports nutritionnels entre un groupe d’enfants suivant une DME (n = 88) et un autre groupe adoptant une DS (n = 46).

Les enfants suivant une DME présentent des consommations diminuées de céréales infantiles enrichies et d’aliments industriels pour bébés (P < 0,001) et des consommations augmentées de poissons gras et de charcuteries (P < 0,001). Concernant les apports nutritionnels, les enfants du groupe DME présentent des apports plus élevés en sodium (P = 0,028) et en gras issus des aliments (P = 0,035), ainsi que des apports diminués en fer provenant du lait infantile (P = 0,012).

La DME est équivalente à une méthode standard de diversification en termes d’apport énergétique et de variété alimentaire. Les apports en sodium, en gras et en fer sont ceux pouvant présenter des écarts par rapport à une diversification traditionnelle.

 

Les effets délétères des pratiques alimentaires restrictives pendant l’enfance

Afin d’étudier les effets des pratiques alimentaires restrictives des mères sur l’indice de masse corporelle (IMC) de leur enfant, une étude longitudinale a été mise en place par le Dr Farrow et son équipe (Loughborough, Royaume-Uni). Les pratiques verbales (incitations orales à ne pas manger) et physiques (mise de côté d’un aliment par exemple) visant à limiter la consommation d’aliments chez l’enfant ont été observées chez soixante-deux mères au cours d’un repas expérimental, lorsque leur enfant avait entre 3 et 5 ans. L’IMC des enfants a été mesuré à cette occasion, puis deux années plus tard.

Les résultats montrent que les pratiques de restriction verbales sont plus fréquentes que les pratiques physiques chez les mères et que les enfants respectent ces restrictions environ deux fois sur trois. Le nombre de pratiques alimentaires restrictives observées chez les mères, qu’elles soient verbales ou physiques, a été corrélé positivement et significativement au Z-score d’IMC de l’enfant à la fin du suivi, après ajustement sur le Z-score d’IMC initial.

Cette étude met en évidence les effets potentiellement délétères sur le poids corporel de l’enfant d’utiliser des pratiques alimentaires restrictives pendant l’enfance.

 

Comment améliorer l’acceptabilité des légumes en crèche ?

Une équipe de chercheurs de l’Université de Leeds (Royaume-Uni) a mis en place une intervention de deux semaines en crèche, afin de déterminer l’effet de l’apprentissage expérientiel narratif ou sensoriel sur l’acceptabilité d’un légume inconnu, chez le jeune enfant. 337 enfants âgés de 2 à 5 ans ont été recrutés dans 12 crèches et ont été inclus dans un des quatre groupes suivants : lectures interactives répétées d’un livre d’histoires mettant en scène le céleri, sans (Groupe 1 = G1) ou avec (G2) mise en place d’ateliers d’exposition sensorielle au céleri ; lectures mettant en scène la carotte, sans (G3) ou avec (G4) mise en place d’ateliers d’exposition sensorielle à la carotte. La capacité à nommer le céleri, la volonté de le goûter et sa consommation (en g) ont été mesurées en basal et à la fin de l’intervention.

Avant l’intervention, aucun des enfants inclus n’a été capable de nommer le céleri. A la fin de celle-ci, 50 % des enfants du groupe G1 et 88 % de ceux du G2 ont réalisé correctement cette tâche, contre 0 % des enfants des groupes G3 et G4. La volonté de goûter le céleri et sa consommation ont augmenté de façon significative dans tous les groupes sauf le G3. L’effet le plus fort a été observé dans le groupe G2 ayant reçu un apprentissage expérientiel relatif au céleri à la fois narratif et sensoriel.

L’apprentissage expérientiel narratif et sensoriel peut être une stratégie efficace pour augmenter l’acceptabilité des légumes chez le jeune enfant en crèche.

Pathologies

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Ce dossier s’appuie principalement sur les rapports de l’Institut National du Cancer (INCA) « Nutrition et prévention primaire des cancers : actualisation des donnée » et « Les cancers en…

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