Vous lisez : Apports nutritionnels des personnes âgées atteintes de déficience visuelle
Études Populations

Apports nutritionnels des personnes âgées atteintes de déficience visuelle

Temps de lecture : 2 minutes

Date de publication : 23 mars 2020

Apports nutritionnels des personnes âgées atteintes de déficience visuelle


Lecture
Zen

JONES, N. & BARTLETT, HE. Comparison of the eating behaviour and dietary consumption in older adults with and without visual impairment. British Journal of Nutrition, 2020, 123, 6, p. 712-720 (doi: 10.1017/S000711451900312X).

Les personnes âgées atteintes d’une déficience visuelle ont une consommation d’énergie diminuée et des apports moindres de nombreux micronutriments.

Quels sont les impacts de la déficience visuelle chez les personnes âgées sur leurs apports nutritionnels et leurs comportements alimentaires ? Pour répondre à cette question, une équipe de recherche anglaise a comparé les données de consommation de 96 personnes de plus de 50 ans (âge moyen = 76 ± 11,7 ans) atteintes de déficience visuelle (aveugles ou malvoyantes), à celles de 50 personnes d’un groupe contrôle sans déficience visuelle (âge moyen = 75,4 ± 7,2 ans).

Les résultats mettent en évidence un apport énergétique quotidien diminué dans le groupe avec déficience visuelle, comparativement au groupe contrôle, que ce soit dans le sous-échantillon des hommes (1600 ± 369 vs 2023 ± 31 kcal, P < 0,01) ou celui des femmes (1384 ± 391 vs 1673 ± 360 kcal, P < 0,01).

Chez les hommes, comme chez les femmes, les apports en macronutriments (glucides, lipides et protéines) sont tous significativement diminués, tout comme ceux en calcium, en fer et en sel. Parmi les autres apports abaissés chez les personnes atteintes de déficience visuelle, on peut noter les fibres dans le sous-groupe des hommes ou encore les vitamines C et E dans celui des femmes.

Pour expliquer ces différences, les auteurs mettent en avant les difficultés à faire les achats alimentaires de façon indépendante (seulement 29 % déclarent avoir cette capacité vs 96 % dans le groupe contrôle) ou encore l’incapacité à cuisiner par soi-même (déclarée par 50 % des personnes atteintes de déficience visuelle vs 0 % dans le groupe contrôle). Concernant ce dernier point, il apparaît qu’au sein du groupe avec déficience visuelle, ceux qui déclarent « faire la cuisine en étant aidés » ingèrent en moyenne 411 kcal de plus par jour, que ceux qui préparent seuls leurs repas ou qui ne cuisinent pas.

Enfin, les auteurs alertent sur l’augmentation du risque de dénutrition chez les personnes avec déficience visuelle qui vivent seules : dans l’échantillon, elles consomment en moyenne 332 kcal de moins par jour que celles vivant avec des membres de leur famille ou en institution.

En conclusion, cette étude met en évidence un risque augmenté de dénutrition chez les personnes âgées atteintes de déficience visuelle. Les auteurs mettent en avant le besoin d’initiatives spécifiques pour améliorer les apports nutritionnels dans cette population.

Vous pourriez être intéressé(e) par

sit mi, porta. ut justo Praesent Aenean