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Études Populations

Comment les mères françaises vivent-elles la période de diversification alimentaire de leur enfant

Temps de lecture : 2 minutes

Date de publication : 20 mars 2014 / Date de mise à jour : 16 mai 2017

Comment les mères françaises vivent-elles la période de diversification alimentaire de leur enfant


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Goût, variété, naturalité, commensalité : sont parmi les grandes caractéristiques mises en avant par les mères françaises pour décrire la diversification alimentaire « idéale » pour leur enfant.

C. Schwartz, J. Madrelle, C.M.J.L. Vereijken et col. (2013) Complementary feeding and « donner les bases du goût » (providing the foundation of taste). A qualitative approach to understand weaning practices, attitudes and expériences by French mothers, Appetite; 71:321-31

Goût, variété, naturalité, commensalité : sont parmi les grandes caractéristiques mises en avant par les mères françaises pour décrire la diversification alimentaire « idéale » pour leur enfant.Dix-huit mères, de 25 à 39 ans, avec un enfant de moins de 15 mois, et vivant sur Lyon ou Dijon, ont participé à des focus groups ou des entretiens individuels. L’analyse de leur discours montre à quel point la diversification représente une étape importante.
Pour les mères, la diversification est l’occasion d’exposer l’enfant à une diversité de goûts, dans le but « d’éduquer son palais », et d’influencer favorablement ses habitudes alimentaires futures. Les mères considèrent comme un devoir d’offrir autant d’aliments différents que possible à leur enfant et de faire en sorte qu’il les accepte.
En cas de refus, certaines stratégies sont mises en œuvre, par exemple :

  • présenter à plusieurs reprises l’aliment en question,
  • alterner une bouchée avec celle d’un aliment apprécié,
  • adjoindre un assaisonnement, du beurre, de la crème à l’aliment refusé pour améliorer son goût,
  • etc…

A l’inverse, les mères se refusent, du moins au cours des premiers mois de la diversification, à présenter certains aliments à l’enfant :

  • aliments susceptibles d’être mal digérés (choux, brocolis, artichauts),
  • aliments susceptibles de provoquer une allergie (arachide, fruits exotiques),
  • aliments sucrés, salés ou gras (viandes et biscuits transformés, sel, jus de fruits, chips, frites, céréales du petit-déjeuner).

Bien que ces derniers soient appréciés des enfants, les mères veulent « donner le bon exemple » et ne pas habituer l’enfant à leur consommation, compte tenu de leurs péventuels effets à long terme sur la santé.
L’opposition aliments tout prêts/faits maison est récurrente dans les discours des femmes interrogées. Si elles ne rejettent pas les produits industriels (sécurité sanitaire, praticité, adéquation aux besoins de l’enfant en termes de forme et de quantité), elles leur reprochent un manque de goût et d’authenticité. Les mères apprécient d’avoir le contrôle sur ce qu’elles donnent à leur enfant et le fait de cuisiner elles-mêmes constitue un investissement important pour leur identité de mère.
Bien plus qu’une simple transition nutritionnelle, l’étape de la diversification est vécue comme un moment important dans la vie de l’enfant, qui gagne en indépendance, se rapproche du régime alimentaire familial et peut désormais manger à table avec les autres, et aux mêmes horaires. Si les mères recherchent des conseils sur la diversification auprès de multiples sources « officielles », en particulier les pédiatres, elles ont conscience que « chaque bébé est différent » et prêtent une grande attention aux signaux émis par leur enfant.

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