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Études Nutriments

Gaspillage alimentaire : quelles sont les quantités de nutriments perdus ?

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Gaspillage alimentaire : quelles sont les quantités de nutriments perdus ?


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SPIKER, ML. HIZA, HAB. SIDDIQI, SM. « et col. » Wasted food, wasted nutrients: nutrient loss from wasted food in the United States and comparison to gaps in dietary intake. Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics, 2017 (doi: 10.1016/j.jand.2017.03.015).

Les quantités de nutriments perdus chaque jour en raison du gaspillage alimentaire sont considérables. La récupération par des actions simples, même d’une partie minime de ces pertes, permettrait d’augmenter la disponibilité en nutriments de la population tout en protégeant les ressources naturelles.

Les données les plus récentes indiquent que 31 à 40 % de l’offre alimentaire aux Etats-Unis est gaspillée. Une équipe de recherche américaine a estimé les quantités perdues de nutriments, par jour et par habitant, au cours de l’année 2012. Les pertes des parties comestibles de 213 denrées alimentaires ont été considérées, tant au niveau du circuit de distribution qu’à celui du consommateur.

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Les résultats montrent qu’en 2012 les aliments gaspillés aux Etats-Unis contenaient en moyenne, par habitant et par jour :1 217 kcal

  • 1 217 kcal
  • 146 g de glucides
  • 33 g de protéines
  • 57 g de lipides
  • 5,9 g de fibres
  • 286 mg de calcium
  • 880 mg de potassium
  • 85 mg de magnésium
  • 1,7 µg de vitamine D
  • 35,4 mg de vitamine C

Pour la grande majorité des nutriments étudiés, la part gaspillée par le consommateur est plus importante que celle perdue au cours du circuit de distribution. Elle s’élève par exemple à 66 % pour les fibres, 71 % pour le calcium et jusqu’à 76 % pour la vitamine B12.

Par ailleurs, il apparaît que le gaspillage de certains groupes d’aliments représente une proportion importante de la perte de certains nutriments. Le gaspillage de viandes et poissons explique à lui seul 50 % de la perte de vitamine B12, 47 % de celle de zinc et 46 % de celle de protéines. 72 % de la perte de calcium et 53 % de celle de vitamine  D sont dues au gaspillage de produits laitiers. La perte de fibres s’explique quant à elle principalement par le gaspillage de céréales (39 %) et de légumineuses (34 %).

Les quantités gaspillées ont été mises en perspectives avec les apports de nutriments recommandés pour l’ensemble de la population américaine. Dans le cas des fibres par exemple, la quantité gaspillée représente 5,9 g par jour et par habitant, soit 1,8 milliards de grammes de fibres perdues quotidiennement. Cette quantité correspond aux apports totaux de fibres recommandés pour 73,6 millions de femmes ou 48,4 millions d’hommes, ce qui représente en moyenne 27 % de la population adulte américaine. Ces correspondances s’élèvent à 16 % de la population pour la vitamine D et 40 % de la population pour le calcium.

La figure ci-dessous permet de visualiser autrement ces résultats. Si l’on prend l’exemple du calcium, elle indique qu’en moyenne les aliments gaspillés considérés dans cette étude contiennent une quantité de calcium équivalente à 29 % des apports totaux de calcium recommandés pour la population adulte américaine.

 

Pourcentage des Apports recommandés

Les auteurs évaluent la part récupérable de ces pertes entre 1,75 et 9,21 % sur 10 ans, en fonction des mesures correctives mises en place, ce qui reviendrait à récupérer l’équivalent de 2000 kcal par jour pour 3,3 à 17,6 millions d’adultes américains ou encore l’équivalent des apports recommandés en calcium pour 1,6 à 8,2 millions de personnes.

En conclusion, les auteurs mettent en avant le rôle primordial à jouer par les professionnels de la nutrition pour contribuer à réduire le gaspillage alimentaire. En effet, l’éducation à la réduction du gaspillage peut être transmise au travers de recommandations simples en termes d’achats alimentaires, de pratiques culinaires, de stockage d’aliments ou encore de choix dans la taille des portions. Des changements culturels sont également nécessaires, comme par exemple l’acceptation des aliments qui ne sont pas esthétiquement parfaits.