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Lait et cancer : pas de lien sauf un rôle protecteur vis-à-vis du cancer de côlon

Temps de lecture : 3 minutes

Date de publication : 28 septembre 2015 / Date de mise à jour : 05 avril 2017

Lait et cancer : pas de lien sauf un rôle protecteur vis-à-vis du cancer de côlon


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Institut National du Cancer. Les cancers en France, édition 2014, 2015, 87 p. Disponible sur  : http://www.e-cancer.fr/publications/69-epidemiologie/824-les-cancers-en-france-edition-2014
World Cancer Research Fund/American Institute for Cancer Research. Food, Nutrition, Physical Activity, and the Prevention of Cancer : a Global Perspective. AICR, Washington DC, 2007, 517 p. Disponible sur : http://www.dietandcancerreport.org
World Cancer Research Fund / American Institute for Cancer Research. Continuous Update Project Report. Food, Nutrition, Physical Activity, and the Prevention of Colorectal Cancer. 2011
World Cancer Research Fund / American Institute for Cancer Research. Continuous Update Project Report. Food, Nutrition, Physical Activity, and the Prevention of Breast Cancer. 2010
World Cancer Research Fund International/American Institute for Cancer Research Continuous Update Project Report: Diet, Nutrition, Physical Activity, and Prostate Cancer. 2014. Available at: http://www.wcrf.org/sites/default/files/Prostate-Cancer-2014-Report.pdf
Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. Étude des liens entre facteurs de croissance, consommation de lait et de produits laitiers et cancers. Édition scientifique, Maisons-Alfort, avril 2012, 198 p. Disponible sur : https://www.anses.fr/sites/default/files/documents/NUT2009sa0261Ra.pdf
Méta-analyse portant sur la consommation de produits laitiers et le risque de cancers du sein : Jia-Yi Dong, Lijun Zhang, Ka He et Li-Qiang Qin (2011) Dairy consumption and risk of breast cancer: a meta-analysis of prospective cohort studies, Breast Cancer Research and Treatment ; 127(1):23-31

Selon le rapport de l’Institut National du Cancer (INCA), la consommation de lait et de produits laitiers protège du risque de cancer colorectal et aucun lien n’a été démontré entre leur consommation et l’augmentation d’un risque de cancer.

Le lait est un facteur protecteur vis-à-vis du cancer colorectal

Le lait et les produits laitiers protègent contre le risque de cancer colorectal. Observé dès 2004 et 2007, dans les premiers rapports du WCRF, ce bénéfice a été vérifié et confirmé dans sa mise à jour sur le cancer colorectal en 2011, et à nouveau dans le rapport de l’INCA en 2015.

Le lait ne diminue pas le risque de cancer du sein

Certains travaux (lien : http://www.cerin.org/actualite-scientifique/consommation-produits-laitiers-diminue-risque-cancer-sein.html ) concluent qu’une plus forte consommation de produits laitiers pourrait réduire le risque de cancer du sein. Toutefois, l’INCA, après analyse de l’ensemble de la littérature scientifique, considère que l’effet bénéfique des produits laitiers sur le risque de cancer du sein n’est pas prouvé*.

Le lait n’augmente pas le risque de cancer de la prostate

La consommation de lait ou de produits laitiers n’augmente pas le risque de cancer de la prostate, c’est la conclusion de l’INCA*.

En 2007,  les données disponibles conduisaient le WCRF à conclure qu’une alimentation riche en calcium (supérieure à 1500 mg par jour, donc dépassant les recommandations) était un facteur de risque probable de cancer de la prostate. Mais dans sa mise à jour de 2014, il jugeait que le lien entre alimentation riche en calcium et élévation du risque de cancer de la prostate était d’un niveau de preuve limité donc peu convaincant. De même, le lien entre consommation importante de produits laitiers et risque de cancer de la prostate restait peu convaincant. Enfin, donc en 2015, le rapport de l’INCA actualisé des dernières données scientifiques a conclu à une absence de lien.

Il n’y a pas de lien entre les facteurs de croissance IGF-1 du lait et le cancer

L’hypothèse selon laquelle la consommation de lait favoriserait certains cancers à cause des facteurs de croissance IGF-1 qu’il contient est fausse. Les facteurs de croissance sont produits naturellement par l’Homme et par de nombreuses espèces animales. Ils ont de multiples rôles au sein de l’organisme, notamment dans les mécanismes de multiplication cellulaire, c’est pourquoi de nombreuses études ont cherché à savoir s’ils pouvaient jouer un rôle dans le processus de développement de cancers. Les IGF (facteurs de croissance insulinomimétiques), et en particulier la molécule IGF-1, sont les plus étudiés par la communauté scientifique. Pour le moment, la relation entre la concentration d’IGF-1 et le risque de cancer reste un sujet discuté.

Dans tous les cas, après analyse de l’ensemble de la littérature scientifique pertinente, l’Anses constate que :

  • l’IGF-1 alimentaire est très faiblement absorbé par le tube digestif,
  • la teneur en IGF-1 du lait est fortement réduite par les traitements UHT et de pasteurisation (>95% du lait consommé en France),
  • la quantité d’IGF-1 exogène laitier absorbée est faible au regard de la quantité d’IGF-1 endogène circulante (l’IGF-1 naturellement produit par l’organisme). 

Par contre, des facteurs nutritionnels peuvent effectivement moduler la synthèse d’IGF-1 endogène. Il s’agit de :

  • l’apport protéique (toutes sources confondues),
  • l’apport énergétique,
  • la masse adipeuse,
  • le niveau d’activité physique.

Ainsi, même si la relation entre IGF-1 circulant et cancer était confirmée, les produits laitiers spécifiquement et l’IGF-1 d’origine alimentaire resteraient largement disculpés.

Enfin, l’Anses rappelle que l’origine des cancers est multifactorielle et qu’on ne pourrait, quoi qu’il en soit, incriminer l’IGF-1 circulant de façon isolée.

L’INCA propose un test grand public « Prévention cancer, le test », partagez le sur les réseaux sociaux : http://www.e-cancer.fr/prevention-cancers-le-test

* La relation est considérée comme étant simplement « suggérée », ce qui correspond à un niveau de preuve faible, le troisième derrière « convaincant » et « probable ». Soit il manque des méta-analyses d’études prospectives, ou un effet dose-réponse, soit les résultats des études sont trop hétérogènes de façon inexpliquée.

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