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Laits infantiles : à supplémenter en acide arachidonique ?

Temps de lecture : 2 minutes

Date de publication : 24 février 2020

Laits infantiles : à supplémenter en acide arachidonique ?


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KOLETZKO, B. BERGMANN, K. BRENNA, JT. « et col. » Should formula for infants provide arachidonic acid along with DHA? A position paper of the European Academy of Paediatrics and the Child Health Foundation. The American Journal of Clinical Nutrition, 2020, 111, p. 10-16 (doi: 10.1093/ajcn/nqz252).

Dans un article de position, des experts européens mettent en avant la nécessité de supplémenter systématiquement en acide arachidonique les préparations pour nourrissons et les préparations de suite, concomitamment à la supplémentation en acide docosahexaénoïque, devenue aujourd’hui obligatoire.

A partir du mois de février 2020, le règlement 2016/127/EC de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) stipulant la modification de la composition des laits infantiles de 1er et de 2e âge entre en vigueur. Désormais, les préparations pour nourrissons et préparations de suite, commercialisées dans l’Union Européenne, doivent être supplémentées en acide docosahexaénoïque (DHA), un acide gras polyinsaturé du groupe oméga-3 (22:6n-3), à raison de 20 à 50 mg pour 100 kcal (soit 0,5 à 1 % des acides gras).

Dans un article de position, l’Académie Européenne de Pédiatrie (European Academy of Paediatrics) et la Fondation pour la Santé des Enfants (Child Health Foundation) donnent leurs recommandations concernant la supplémentation concomitante de ces mêmes produits en acide arachidonique (AA), autre acide gras polyinsaturé, du groupe oméga-6 (20:4n-6).

Les experts mettent tout d’abord en évidence que les formules infantiles supplémentées en DHA, sans ajout d’AA dévient fortement des compositions :

  • du lait maternel, au sein duquel, même si la concentration en DHA peut être variable, celle en AA est relativement stable et représente 0,5 % des acides gras ;
  • des formules infantiles supplémentées en acides gras polyinsaturés à longues chaînes qui ont été utilisées en Europe et dans le reste du monde depuis environ 20 ans et qui ont été évaluées dans de nombreux essais cliniques.

Par ailleurs, les experts mettent en avant le fait qu’il n’existe aucune donnée, chez les nourrissons nés à terme, concernant la pertinence nutritionnelle et la sécurité alimentaire des formules contenant du DHA, sans apport d’AA. Le peu de données disponibles suggère plutôt des effets indésirables, tels qu’une diminution de la concentration en AA dans le tissu cérébral, un neurodéveloppement non optimal, ainsi que de potentiels effets négatifs sur la croissance et l’immunité.

Aussi, les experts recommandent que toutes les préparations pour nourrissons et préparations de suite soient supplémentées à la fois en DHA et en AA. Ils préconisent que le DHA représente au minimum 0,3 % des acides gras (soit la valeur moyenne observée dans le lait maternel), mais préférablement 0,5 % pour couvrir les besoins de l’ensemble des nourrissons. Même si le niveau de supplémentation optimal en AA reste à déterminer, les experts recommandent qu’il soit au moins égal à celui de DHA, pour les formules dont le DHA représente jusqu’à 0,64 % des acides gras totaux.

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