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Le modèle alimentaire français protège du surpoids et de l’obésité

Brèves scientifiques
Publié le 17/09/2018
Modifié le 17/05/2021
Modifié le 17/05/2021
Temps de lecture : 5 minutes

L’adhésion au modèle alimentaire traditionnel français (avoir des repas réguliers, prendre le temps et du plaisir à manger, etc.) est associée à un risque diminué de surpoids et d’obésité.

Une équipe de recherche a étudié dans un échantillon de 47 219 adultes issus de la cohorte NutriNet-Santé le niveau d’adhésion au modèle alimentaire français ainsi que son association avec le surpoids et l’obésité. Huit composantes comportementales ont été considérées pour calculer un score global d’adhésion au modèle alimentaire français (cf. tableau ci-dessous).

Composantes mesuréesRéponses pour une adhésion totale au modèle français
Nombre de repas par jour3 repas par jour
Fréquence des prises alimentaires hors repasMoins d’une fois par semaine
Horaires du déjeuner et du dînerHoraires réguliers (entre 12h et 14h et entre 19h et 21h)
Durée des repasAu moins 30 min
Nombre de plats par repas3 ou 4 plats par repas
Position pendant les repasPosition assis, à table
CommensalitéPrésence d’autres personnes pendant les repas
Liens entre repas et plaisirLes repas sont considérés comme des moments de plaisir

Les principaux résultats descriptifs montrent que :

  • 70 % des répondants prennent 3 repas par jour et 85 % ont des prises alimentaires hors repas ;
  • en semaine, 69 % des déjeuners sont pris entre 12h et 13h et 60 % des dîners entre 19h et 20h ;
  • pour plus de la moitié des répondants, les repas durent entre 15 et 30 minutes en semaine ;
  • le modèle de 3 plats par repas est plus fréquent le week-end (36 %) ;
  • environ 90 % des repas sont pris assis à table, le plus souvent en présence d’autres personnes ;
  • les repas sont le plus souvent considérés comme des moments de plaisir, en particulier le week-end (79 %).

L’adhésion au modèle alimentaire français est globalement élevée dans l’échantillon (score = 6,05 ± 1,00 sur un maximum de 8 pour une adhésion totale). Les scores les plus élevés ont été observés chez les participants :

  • de sexe masculin,
  • de plus de 65 ans,
  • ayant un niveau d’éducation et des revenus élevés,
  • vivant en couple,
  • et physiquement actifs.

Les personnes adhérant le plus au modèle alimentaire français présentent un risque significativement diminué d’être en surpoids (rapport des cotes (RC) = 0,89 ; intervalle de confiance à 95 % (IC95) = [0,87 ; 0,92]) ou en situation d’obésité (RC = 0,76 ; IC95 = [0,74 ; 0,79]). Les composantes du modèle jouant les rôles les plus importants dans cette association sont : prendre 3 repas par jour, manger peu entre les repas, manger à des heures régulières, prendre le temps de manger et prendre plaisir à manger. A contrario, le fait de manger en présence d’autres personnes est associé à un risque accru de surpoids.

En conclusion, même si les repas ont tendance à se simplifier et à se raccourcir, le modèle alimentaire français est dans l’ensemble toujours bien respecté. Une bonne adhésion à ce modèle semble bénéfique pour se protéger du surpoids et de l’obésité.

DUCROT, P. MEJEAN, C. BELLISLE, F. « et col. » Adherence to the French Eating Model is inversely associated with overweight and obesity: results from a large sample of French adults. British Journal of Nutrition, 2018, 120, p. 231-239 (doi: 10.1017/S0007114518000909).

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