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Maladies cardiovasculaires : les produits laitiers n’augmentent pas le risque

Brèves scientifiques
Publié le 14/06/2021
Modifié le 14/06/2021
Publié le 14/06/2021
Temps de lecture : 4 minutes

Le risque de survenue de maladies cardiovasculaires n’est pas associé à la consommation de produits laitiers. La consommation élevée de produits laitiers fermentés serait quant à elle protectrice vis-à-vis du risque de survenue d’accidents vasculaires cérébraux et d’accidents ischémiques transitoires.

Les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de mortalité chez les femmes en France et la seconde chez les hommes. Une étude française examine les liens entre la consommation de produits laitiers et le risque de survenue de maladies cardiovasculaires. Les données de plus de 104 000 adultes issus de la cohorte NutriNet-Santé et suivis pendant une durée moyenne de 5,5 ans ont été utilisées pour évaluer les associations entre la consommation totale de produits laitiers et celle de cinq catégories de produits laitiers (lait, fromage, yaourts, produits laitiers fermentés et produits laitiers allégés) avec la survenue de maladies cardiovasculaires (maladies coronariennes et maladies cérébrovasculaires).

Les données alimentaires montrent, dans l’échantillon, une consommation moyenne de 222 ± 151 g/j de produits laitiers. Pendant la période de suivi, 2098 maladies cardiovasculaires ont été déclarées au sein des participants : 1220 maladies coronariennes et 878 maladies cérébrovasculaires (accident vasculaire cérébral ou accident ischémique transitoire).

Les analyses statistiques n’ont pas mis en évidence d’associations significatives entre la consommation (totale ou par catégorie) de produits laitiers et la survenue globale de maladies cardiovasculaires. En considérant séparément les maladies coronariennes et les maladies cérébrovasculaires, il apparait qu’une consommation de produits laitiers fermentés (yaourts, fromage et laits fermentés) supérieure à 160 g/j est associée à une diminution de 19 % du risque de survenue de maladies cérébrovasculaires (rapport de risque = 0,81 [0,66 ; 0,98], P de tendance = 0,01), comparativement à une consommation inférieure à 57 g/j. Aucune association n’a par contre été démontrée avec la survenue de maladies coronariennes.

Cette étude met en évidence que, malgré le fait que les produits laitiers représentent une source importante de graisses saturées, leur consommation n’est pas associée avec le risque cardiovasculaire. Une consommation plus élevée de produits laitiers fermentés est même associée à une diminution du risque de survenue d’accidents vasculaires cérébraux et d’accidents ischémiques transitoires.

SELLEM, L. SROUR, B. JACKSON, KG. « et col. » Consumption of dairy products and CVD risk: results from the French prospective cohort NutriNet-Santé. British Journal of Nutrition, 2021, p. 1-11, doi: 10.1017/S0007114521001422.