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Qualité de l’estimation des apports énergétiques

Brèves scientifiques
Publié le 08/03/2021
Modifié le 06/05/2021
Modifié le 06/05/2021
Temps de lecture : 5 minutes

La plupart des méthodologies utilisées pour estimer les apports énergétiques totaux chez les adultes entraînent des sous-estimations qui sont le plus souvent équivalentes chez les femmes et les hommes

De nombreuses études examinent les liens entre les apports énergétiques et les pathologies ou d’autres paramètres de santé. Pour ce faire, plusieurs outils sont disponibles pour évaluer les apports, mais ces évaluations peuvent être sujettes à des sous-estimations ou des surestimations. Une revue systématique de littérature et méta-analyse évalue l’amplitude de ces erreurs d’estimation par sexe et par type d’outil. Trente-et-une études incluant une estimation des apports énergétiques totaux (AET) comparée à une mesure de la dépense énergétique totale (DET) par la méthode de l’eau doublement marquée ont été prises en compte, soit un total de 4 518 adultes. Le calcul de la différence entre les AET et la DET a permis d’estimer les erreurs d’estimation des apports.

Les résultats mettent en évidence une sous-estimation des AET chez les hommes, comme chez les femmes, pour la plupart des méthodes utilisées : rappel des 24h (n = 10), questionnaire de fréquence (n = 5), enregistrement des apports alimentaires par pesée (n = 4) et enregistrement des apports alimentaires estimés (n = 11). Seules les méthodes du rappel des 24h, complétée par une prise de photos des aliments consommés (n = 2) et celle de l’histoire alimentaire (n = 2) n’ont pas montré de différences significatives entre les AET et la DET, que ce soit chez les femmes ou chez les hommes.

Chez les femmes, la sous-estimation est plus marquée quand c’est le rappel des 24h qui est utilisé (-633 kcal/j, IC95% = [-834 ; -432]) ; elle est la moins accentuée avec le questionnaire de fréquence (-315 kcal/j, IC95% = [-470 ; -160]). Chez les hommes, c’est aussi le questionnaire de fréquence qui génère la sous-estimation la plus basse (-421 kcal/j, IC95% = [-546 ; -297]), alors que la méthode par pesée est à l’origine de la plus grande sous-estimation (-821 kcal/j, IC95% = [-1285 ; -357]).

A noter enfin que seule la méthode de l’enregistrement des apports alimentaires estimés montre une différence entre les femmes et les hommes : avec cet outil, les hommes sous-estiment plus leurs consommations alimentaires que les femmes (différence H/F = 590 kcal/j, IC95% = [8 ; 274]).

En conclusion, cette méta-analyse montre que la plupart des outils utilisés pour évaluer les apports énergétiques dans le cadre des enquêtes alimentaires engendrent des sous-estimations, qui sont le plus souvent aussi marquées chez les hommes que chez les femmes. Cette donnée est à considérer sérieusement dans toutes les études mesurant les associations entre les AET et des paramètres de santé.

McKENZIE, BL. COYLE, DH. SANTOS, JA. « et col. » Investigating sex differences in the accuracy of dietary assessment methods to measure energy intake in adults: a systematic review and meta-analysis. The American Journal of Clinical Nutrition, 2021, nqaa370, doi: 10.1093/ajcn/nqaa370.