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Travail posté et travail de nuit : quels liens avec l’obésité ?

Brèves scientifiques
Publié le 12/02/2018
Modifié le 11/05/2021
Modifié le 11/05/2021
Temps de lecture : 3 minutes

Le travail posté est un facteur de risque du surpoids et de l’obésité, en particulier concernant l’obésité abdominale. Les personnes les plus à risque sont celles exposées au travail de nuit sur de longues durées.

Une revue systématique de littérature et méta-analyse fait le point sur l’état des connaissances concernant les liens entre le travail posté ou le travail de nuit et le risque de surpoids et d’obésité. Au total, 28 études (22 transversales et 6 longitudinales) publiées entre 1999 et 2016 ont été incluses.

Les résultats agrégés de la méta-analyse font état d’un rapport des cotes (ou odds-ratio (OR)) de 1,23 (IC95% = 1,17 ; 1,29) indiquant un risque plus élevé de surpoids et obésité (IMC ≥ 25 kg/m²) de 23 % chez les personnes ayant un travail posté ou de nuit. Une analyse en sous-groupes par type de critère de surpoids/obésité utilisé, révèle une association plus forte entre le travail posté et l’obésité abdominale (OR = 1,35 ; IC95% = 1,13 ; 1,61) que lorsque d’autres critères sont utilisés (IMC ≥ 30 kg/m², ou critère de prise de poids).

Par ailleurs, les auteurs rapportent un risque plus élevé de 29 % chez les personnes travaillant uniquement de nuit (OR = 1,43 ; IC95% = 1,19 ; 1,71) comparativement à celles ayant un travail posté en rotation (OR = 1,14 ; IC95% = 1,05 ; 1,23).

Enfin, il semble exister une relation dose-réponse entre l’intensité de l’exposition au travail posté ou de nuit et le risque de surpoids et d’obésité. Le nombre trop limité d’études donnant accès à cette information ne permet cependant pas de quantifier cet effet.

Pour conclure, cette méta-analyse confirme le lien entre le travail posté et le risque de surpoids et d’obésité et met en avant un risque augmenté concernant l’obésité abdominale. Pour réduire ce risque, les auteurs recommandent une modification de l’organisation du travail afin de diminuer les expositions au travail de nuit sur de longues périodes.

SUN M, Obes Rev 2018;19:28-40. doi: 10.1111/obr.12621.

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