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Viande rouge et charcuterie : des associations différentes avec le risque cardiovasculaire

Brèves scientifiques
Publié le 23/08/2021
Publié le 23/08/2021
Temps de lecture : 4 minutes
Viande rouge et charcuterie : des associations différentes avec le risque cardiovasculaire
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Si une consommation plus élevée de charcuterie est associée à la hausse du risque cardiovasculaire et de la mortalité, ce n’est pas le cas des consommations plus élevées de viande rouge non transformée et de viande de volaille.

Pour réduire le risque cardiovasculaire, les recommandations nutritionnelles préconisent de limiter sa consommation de viande rouge qui est une source majeure d’acides gras saturés à moyennes et longues chaînes. Les données de l’étude de cohorte PURE (Prospective Urban Rural Epidemiology) ont été utilisées pour examiner les liens entre la consommation de viande et le risque cardiovasculaire ainsi que la mortalité. Près de 135 000 adultes de plus de 35 ans, issus de 21 pays présentant des revenus bas, moyens ou élevés, ont été suivis pendant une durée médiane de 9,5 années.

Au total, parmi l’ensemble des participants, 7789 décès ont été relevés ainsi que 6976 événements cardiovasculaires majeurs (2968 infarctus du myocarde, 3335 attaques cérébrales et 659 insuffisances cardiaques). Les résultats ne mettent en évidence aucune association significative entre la consommation de viande rouge non transformée (≥ 250 g/semaine vs < 50 g/semaine) et :

  • la mortalité totale (Rapport de Risque ou Hazard Ratio HR = 0,93 ; IC95% = [0,85 ; 1,02], P de tendance = 0,14) ;
  • la survenue d’un événement cardiovasculaire majeur (HR = 1,01 ; IC95% = [0,92 ; 1,11], P de tendance = 0,72) ;
  • ainsi qu’avec le risque de mortalité cardiovasculaire, le risque de mortalité non cardiovasculaire, le risque de mortalité par cancer, le risque d’infarctus du myocarde, d’attaque cérébrale ou d’insuffisance cardiaque.

De la même façon, une consommation élevée de viande de volaille n’est pas associée à la mortalité ou à l’un des événements de santé examinés dans l’étude.

Une consommation de charcuterie supérieure à 150 g/semaine (vs 0 g/semaine) est, quant à elle, significativement associée à :

  • la hausse de la mortalité totale (HR = 1,51 ; IC95% = [1,08 ; 2,10], P de tendance = 0,009) ;
  • et à la survenue d’un événement cardiovasculaire majeure (HR = 1,46 ; IC95% = [1,08 ; 1,98], P de tendance = 0,004).

Pour conclure, cette étude de cohorte internationale montre que ni la mortalité, ni le risque de survenue d’un événement cardiovasculaire majeur ne sont associés à la consommation de viande rouge non transformée ou à la consommation de viande de volaille. Par contre, une consommation plus élevée de charcuterie est significativement liée à des hausses de la mortalité et du risque cardiovasculaire.

IQBAL, R. DEHGHAN, M. MENTE, A. « et col. » Associations of unprocessed and processed meat intake with mortality and cardiovascular disease in 21 countries [Prospective Urban Rural Epidemiology (PURE) Study]: a prospective cohort study. The American Journal of Clinical Nutrition, 2021, nqaa448, doi: 10.1093/ajcn/nqaa448/6195530.