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Études Aliments

Après cuisson, la protéine de soja ne diminue pas le mauvais cholestérol

Temps de lecture : 3 minutes

Date de publication : 11 janvier 2016 / Date de mise à jour : 08 août 2019

Après cuisson, la protéine de soja ne diminue pas le mauvais cholestérol


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Dans cette intervention canadienne, consommer quotidiennement 25g de protéines de soja entière incorporées dans des muffins ne réduit pas le LDL-cholestérol ou d’autres facteurs de risque cardiovasculaire chez des sujets en hypercholestérolémie.

Padhi MT E., Blewett J H. Duncan M A. et al. (2015) Whole soy flour incorporated into a muffin and consumed at 2 doses of soy protein does not lower LDL cholesterol in a randomized, double-blind controlled trial of hypercholesterolemic adults. Journal of Nutrition ; 145(12): 2665–2674.

Dans cette intervention canadienne, consommer quotidiennement 25g de protéines de soja entière incorporées dans des muffins ne réduit pas le LDL-cholestérol ou d’autres facteurs de risque cardiovasculaire chez des sujets en hypercholestérolémie.

L’étude a été menée dans 3 villes canadiennes (Guelph, Toronto et Winnipeg) entre mai 2012 et septembre 2013. Deux cents quarante-trois sujets âgés de 30 à 70 ans présentant un LDL-cholestérol élevé (? 3.0 et ? 5.0 mmol/L) sans traitement hypocholestérolémiant, ont été aléatoirement répartis dans 3 groupes. Pendant 6 semaines, chaque groupe devait incorporer à son alimentation quotidienne soit :

  • 25g de protéines de soja (2 muffins « soja »)
  • 12,5g de protéines de soja et 12,5g de protéines de blé (1 muffin « soja » et 1 muffin « blé »)
  • 0g de protéine de soja et 25g de protéines de blé (groupe contrôle, 2 muffins « blé »).

Les sujets devaient par ailleurs poursuivre leur régime habituel. Ils pouvaient consommer les muffins au moment où ils le souhaitaient.
Des analyses sanguines étaient effectuées aux semaines 0, 3 et 6 et la prise alimentaire évaluée aux semaines 0 et 4 grâce à des journaux alimentaires de 3 jours. Deux cents treize participants (87,6%) ont terminé l’essai, principalement d’origine caucasienne (83%) et de sexe féminin (63%), avec un IMC moyen de 28 kg.m-2.

Malgré une augmentation dose-dépendante des isoflavones sanguins, aucune différence significative sur le taux de LDL-cholestérol n’a été constatée entre les 2 groupes ayant consommé du soja et le groupe contrôle.

L’analyse en intention de traiter*, avec estimation des données manquantes, n’a pas non plus mis en évidence un effet du soja sur le LDL-cholestérol.
A la fin de l’étude, aucune différence n’a non plus été retrouvée entre les groupes concernant le cholestérol total ou HDL, les triglycérides, la protéine C-réactive, la résistance à l’insuline, la pression artérielle ou le score de risque cardiovasculaire à 10 ans selon la méthode Framingham.

Par le passé, les résultats portant sur les effets du soja sur le LDL-cholestérol ont été contradictoires. Les auteurs de l’étude soulignent que la plupart des essais ont utilisé des protéines de soja isolées et des isoflavones comme vecteurs d’intervention. Dans cette étude, on a utilisé de la farine de soja entière dégraissée, très utilisée dans l’industrie alimentaire.

La bioactivité du soja serait surtout liée à une protéine, la ß-conglycinine. Une électrophorèse réalisée dans le cadre de l’étude montre que, si la ß-conglycinine est bien présente dans la farine utilisée dans cette étude, sa quantité est significativement réduite dans les muffins cuits. Les matrices alimentaires et les procédés de fabrication, en particulier la cuisson à haute température, sont donc susceptibles d’affecter la bioactivité du soja. Il est donc impératif de prendre en compte les composants bioactifs du soja et la recette dans laquelle ils sont insérés pour étayer une éventuelle allégation.

Aux Etats-Unis, la FDA a autorisé en 1999 l’allégation de santé suivante : « la consommation de protéines de soja à hauteur de 25g par jour réduit le risque cardiovasculaire ». En Europe, l’EFSA a rejeté en 2010 une demande d’allégation sur la protéine de soja et le cholestérol LDL par manque de preuves d’une relation de causalité.

 

*Ce principe consiste à prendre en compte tous les participants de l’étude dès lors qu’ils ont été randomisés, sans supprimer de l’analyse des résultats les abandons en cours d’étude. On considère que cela limite les biais en intégrant le risque de non-compliance au traitement.

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