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Études Populations

Histoire et évolution de la recherche en nutrition

Temps de lecture : 2 minutes

Date de publication : 12 novembre 2018

Histoire et évolution de la recherche en nutrition


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MOZAFFARIAN, D. ROSENBERG, I. UAUY, R. History of modern nutrition science—implications for current research, dietary guidelines, and food policy. BMJ, 2018, 361:k2392 (doi: 10.1136/bmj.k2392).

La recherche en nutrition moderne a longtemps favorisé une approche réductionniste basée sur l’étude des effets de chaque micronutriment. Depuis une trentaine d’années, la complexité de la nutrition est davantage considérée et les approches multifacettes prédominent pour faire face aux maladies liées à l’alimentation.

Même si l’alimentation humaine est étudiée depuis plusieurs millénaires, la recherche en nutrition dite « moderne » est récente, elle date du début du siècle dernier. Une étude retrace les grandes avancées en nutrition dans les pays les plus développés, depuis cette date jusqu’à aujourd’hui et présente les grands défis pour l’avenir.

La première grande découverte de la nutrition moderne est l’isolement de la thiamine en 1926. Jusqu’en 1950, la recherche s’est consacrée à la découverte et l’isolement des autres vitamines et principaux micronutriments, ainsi qu’à l’étude de leurs rôles dans les maladies de carence et à leur synthèse chimique. Ces découvertes ont favorisé une approche réductionniste de la recherche nutritionnelle et des politiques de lutte contre la malnutrition, basée sur la prise en compte des effets de chaque micronutriment, considéré individuellement, sur les pathologies.

Dans la deuxième moitié du XXe siècle, cette approche réductionniste a également été prioritairement utilisée dans la prise en compte de l’augmentation rapide des nouvelles maladies de civilisation. Aussi, le sucre et le gras, plus que la qualité globale de l’alimentation, ont été considérés comme les grands contributeurs de l’explosion des maladies chroniques liées à l’alimentation.

Depuis 1990, le développement de nouvelles méthodologies, telles que les grandes cohortes, les essais contrôlés randomisés ou encore les consortiums génétiques a permis de montrer les limites de l’approche réductionniste. L’étude des effets des modèles alimentaires, tels que le modèle méditerranéen, ou encore de la qualité globale de l’alimentation, prédomine aujourd’hui. Les auteurs insistent sur l’importance, pour les politiques nutritionnelles, de sortir également de l’approche réductionniste et de prioriser des stratégies multifacettes, plus seulement basées sur la transmission de connaissances, mais sur une vision globale incluant par exemple des stratégies environnementales pour changer les comportements.

En conclusion, les auteurs mettent en avant les principaux défis à relever par la recherche en nutrition dans les années futures. Parmi ceux-ci, on peut relever la nutrition personnalisée, la compréhension des interactions entre les prébiotiques et probiotiques, les aliments fermentés et le microbiote intestinal, ou encore l’influence du statut social sur les disparités nutritionnelles.

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