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Études Aliments

Le manichéisme alimentaire nous fait grossir

Temps de lecture : 2 minutes

Date de publication : 30 novembre 2015 / Date de mise à jour : 02 août 2019

Le manichéisme alimentaire nous fait grossir


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Cette étude abonde dans le sens de la grande majorité des nutritionnistes, médecins et diététiciens, très critique vis-à-vis du manichéisme alimentaire. La pensée dichotomique (principe du « tout ou rien » ou du « noir ou blanc ») augmente le risque de rebond pondéral après une perte de poids. Cette pensée binaire est associée à la mise en œuvre d’une restriction alimentaire excessivement rigide.

Palascha A., van Kleef E., van Trijp HC. (2015) How does thinking in Black and White terms relate to eating behavior and weight regain ? Journal of Health Psychology ;20(5):638-48

Cette étude abonde dans le sens de la grande majorité des nutritionnistes, médecins et diététiciens, très critique vis-à-vis du manichéisme alimentaire. La pensée dichotomique (principe du « tout ou rien » ou du « noir ou blanc ») augmente le risque de rebond pondéral après une perte de poids. Cette pensée binaire est associée à la mise en œuvre d’une restriction alimentaire excessivement rigide. Cette étude a été menée aux Pays-Bas, grâce à une enquête en ligne conduite auprès de 241 Néerlandais âgés de 15 à 74 ans, en majorité des femmes (192 vs 49 hommes).

Un premier questionnaire permettait d’évaluer le niveau de « pensée dichotomique » des sujets, c’est-à-dire leur propension à penser de manière binaire : « bon ou mauvais », « blanc ou noir », etc. Certaines questions portaient plus précisément sur leur manière de penser en termes d’alimentation : « je vois les aliments comme bons ou mauvais », « je vois mes tentatives pour faire régime comme des succès ou des échecs ».

Un second questionnaire permettait d’évaluer le niveau de restriction alimentaire des sujets. Les sujets devaient également déclarer s’ils avaient perdu du poids au cours des 5 dernières années et s’ils avaient regagné partiellement ou totalement ce poids depuis.

Les résultats montrent qu’une pensée dichotomique prédit significativement et positivement le niveau de restriction alimentaire d’un sujet. De plus, la restriction alimentaire est positivement corrélée à la reprise de poids et inversement.

Chaque augmentation d’une unité dans l’échelle de mesure de la pensée dichotomique appliquée à l’alimentation augmentait de 142,4% le rapport comparant le risque de reprendre du poids à la probabilité de maintenir son poids. Les auteurs avancent que la pensée dichotomique spécifiquement liée à l’alimentation jouerait un rôle de médiateur dans l’association entre restriction alimentaire et reprise de poids.

Ainsi, les personnes ayant une vision binaire des choses de manière générale, parce qu’elles auraient aussi une vision binaire à propos des aliments et du régime, tendraient à se restreindre davantage et à reprendre plus de poids après une perte de poids. Quand elle est exercée de manière trop rigide, une phase de restriction alimentaire peut en effet conduire à une phase de désinhibition alimentaire. Les sujets qui éprouvent le sentiment d’avoir « violé » leur régime au moindre écart à leur règle stricte sont incapables de maintenir un poids « sain ».

Comparée à un régime strict soutenu par une pensée binaire,  la mise en œuvre d’une forme de restriction souple ne génèrerait pas un sentiment de culpabilité ou d’anxiété et conduirait à un bien-être accru et à un meilleur maintien de la perte de poids.

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