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Études Aliments

Les insectes : la source de protéines de demain ?

Temps de lecture : 2 minutes

Date de publication : 18 avril 2016 / Date de mise à jour : 09 janvier 2017

Les insectes : la source de protéines de demain ?


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Cette étude compare les insectes et la viande d’un point de vue nutritionnel. Elle montre l’intérêt de la consommation d’insectes dans les pays où la sous-nutrition sévit. Dans les pays développés, c’est une autre histoire !

Payne CLR., Scarborough P., Rayner M. et al. Are edible insects more or less ‘healthy’ than commonly consumed meats? A comparison using two nutrient profiling models developed to combat over- and undernutrition. Eur J Clin Nutr., 2016, 70(3):285-91.

Cette étude compare les insectes et la viande d’un point de vue nutritionnel. Elle montre l’intérêt de la consommation d’insectes dans les pays où la sous-nutrition sévit. Dans les pays développés, c’est une autre histoire ! L’objectif de l’étude était de tester l’hypothèse selon laquelle les insectes comestibles seraient nutritionnellement préférables à la viande. Deux outils d’évaluation qui classifient les aliments sur la base de leur composition nutritionnelle ont été utilisés.

Le premier score est utilisé dans le modèle Ofcom pour réguler la diffusion de publicité sur les aliments à destination des enfants au Royaume-Uni et pour le système d’étiquetage nutritionnel volontaire « Health Star Rating » en Australie et Nouvelle-Zélande. Ce score tient compte du contenu pour 100 g des nutriments à limiter (énergie, sucres totaux, sodium et acides gras saturés) et des constituants considérés comme favorables à la santé (fruits, noix, légumes, fibres et protéines).

Le second est un score de valeur nutritionnelle (NVS) développé par le Programme alimentaire mondial (organisme d’aide alimentaire de l’ONU). Il vise à informer sur la composition des paniers alimentaires à destination de populations à risque élevé de sous-nutrition. Il tient compte des quantités pour 100 g en énergie, protéines, acides gras et huit micronutriments.
En s’appuyant sur plusieurs bases de données mondiales, les chercheurs ont calculé les deux scores pour les découpes et abats de trois viandes souvent consommées : bœuf, porc et poulet. Les viandes transformées étaient exclues. Le même travail a été réalisé pour six espèces d’insectes disponibles dans le commerce : criquet, abeille, ver à soie, ver mopane, larve du charançon rouge des palmiers et ténébrion meunier.

Ce travail montre d’abord que la composition nutritionnelle entre insectes est très diverse comparativement à la famille des viandes. Cela implique de grandes disparités dans leur capacité à combattre des problèmes de santé publique cruciaux.
Avec le score Ofcom, aucun insecte n’était nutritionnellement parlant plus favorable à la santé que les produits carnés : de nombreux insectes étaient plus riches en énergie, sodium et acides gras saturés que le bétail conventionnel. En revanche, les abats présentaient de meilleurs scores et pourraient donc constituer une alternative pertinente aux découpes de viandes, malgré leur impopularité en Europe.

Avec le score NVS, la donne était différente : les insectes tendaient à contenir des quantités très élevées de micronutriments souvent déficients dans les zones d’insécurité alimentaire. Par exemple, les criquets et abeilles contenaient respectivement 180 et 850 fois plus de fer que la viande de bœuf, présentant pourtant le taux de fer le plus élevé parmi les trois viandes étudiées. Tous les insectes présentaient également des niveaux en calcium et riboflavine supérieurs à toutes les viandes et abats.

Cette étude tend à montrer que les viandes leur seraient préférables d’un point de vue nutritionnel si l’objectif est de combattre les maladies liées à la surnutrition. En revanche, les insectes pourraient constituer une voie intéressante en cas de risque de sous-nutrition, du fait de leur composition nutritionnelle mais aussi d’un élevage moins coûteux.
Les chercheurs tiennent à préciser néanmoins que la composition nutritionnelle n’est qu’un intermédiaire des effets sur la santé humaine et que des essais cliniques sur l’homme pourraient préciser ces résultats.

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