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Études Populations

Les réseaux sociaux doivent-ils devenir la nouvelle bête noire des nutritionnistes ?

Temps de lecture : 2 minutes

Date de publication : 18 janvier 2016 / Date de mise à jour : 22 décembre 2016

Les réseaux sociaux doivent-ils devenir la nouvelle bête noire des nutritionnistes ?


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Plus les jeunes passent de temps sur les réseaux sociaux, moins ils mangent de façon équilibrée. On ne peut cependant pas en déduire que ce soit une cause directe de surpoids.

Sampasa-Kanyanga H, Chaput JP, Hamilton HA. (2015) Associations between the use of social networking sites and unhealthy eating behaviours and excess body weight in adolescents. British journal of Nutrition ; 114, 1941-1947

Plus les jeunes passent de temps sur les réseaux sociaux, moins ils mangent de façon équilibrée. On ne peut cependant pas en déduire que ce soit une cause directe de surpoids.Les réseaux sociaux prennent de plus en plus de place dans la vie des adolescents. Facebook notamment rassemble plus d’un milliard d’adhérents dans le monde. Il est bien établi depuis une dizaine d’années que le temps passé devant les écrans est associé à une conduite alimentaire désordonnée et à une moindre activité physique.
Cette étude canadienne a exploré le lien entre le temps passé sur les réseaux sociaux, les mauvaises habitudes alimentaires et le surpoids ou l’obésité. Elle a été réalisée en Ontario en 2013 auprès de 9 858 étudiants d’un niveau équivalent à nos collèges et lycées (âge moyen 15,2 ans plus ou moins 1,9 ans). L’objectif était de mettre en évidence un éventuel effet-dose entre durée de connexion, alimentation et surpoids.
Un questionnaire sur une semaine a permis d’évaluer la prise d’un vrai petit déjeuner (plus qu’un verre de lait ou de jus de fruit), la consommation de boissons sucrées (c’est-à-dire sodas, thé ou café pré-sucrés, hors jus de fruits et boissons édulcorées), et celle de boissons énergisantes et boissons du sport. L’IMC était calculé à partir des poids et taille déclarés. L’activité sur les réseaux sociaux était quantifiée en temps journalier (de moins d’1 heure par jour à plus de 5 heures par jour).
La moitié des étudiants étaient des filles et 60% étaient blancs. Ils étaient majoritairement issus de milieux socioéconomiques aisés et éduqués. 8 jeunes sur 10 se connectaient quotidiennement aux réseaux sociaux ; 11% déclaraient une pratique plus irrégulière.
L’analyse statistique multivariée (prenant en compte différents facteurs confondants : anthropologiques, socio-économiques et comportementaux, dont la consommation de tabac de cannabis et d’alcool) montre qu’une plus forte activité sur les réseaux sociaux est associée à :

  • une diminution de la prise de petit déjeuner (p<0.01),
  • une augmentation de consommation de boissons sucrées (p<0.01),
  • une augmentation de consommation des boissons énergisantes (p<0.01).

Par contre on ne retrouve aucune corrélation entre le temps passé sur les réseaux sociaux et l’IMC, contrairement aux résultats des études précédentes montrant un lien entre temps passé devant un écran, alimentation déséquilibrée et surpoids.

Les auteurs supposent que les filles ont plus de risque   d’avoir une alimentation désordonnée car elles peuvent comparer leur apparence physique avec celles qui sont postées sur le net ; sauter le petit déjeuner pourrait être une tentative de contrôler leur poids. Le rythme de sommeil n’a pas été pris en compte ; il est possible qu’un lever tardif consécutif à un coucher tardif soit une cause de non prise de petit déjeuner. Il manque enfin des données sur l’activité physique qui pourraient éclaircir l’absence de lien avec l’IMC.
Quoi qu’il en soit, cette étude est la première à mettre en évidence l’association entre le temps passé sur les réseaux sociaux et une alimentation déséquilibrée. Bien que les auteurs estiment nécessaire de consolider les résultats par d’autres investigations, ils suggèrent dès à présent d’utiliser le canal des réseaux sociaux pour délivrer aux adolescents des messages de santé et d’incitation à une alimentation saine.

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