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Études Pathologies

L’impact des acides gras saturés sur le risque cardiovasculaire : un mythe ?

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L’impact des acides gras saturés sur le risque cardiovasculaire : un mythe ?


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Dans cette tribune que publie le British Medical Journal, le cardiologue britannique Assem Malhotra s’insurge contre la stigmatisation des acides gras saturés qui perdure malgré l’absence de preuves et les politiques de santé publique visant à en réduire la consommation, qu’il juge donc infondées.

Aseem Malhotra (2013) Saturated fat is not the major issue, British Medical Journal, 347:f6340

Dans cette tribune que publie le British Medical Journal, le cardiologue britannique Assem Malhotra s’insurge contre la stigmatisation des acides gras saturés qui perdure malgré l’absence de preuves et les politiques de santé publique visant à en réduire la consommation, qu’il juge donc infondées.Depuis près de 40 ans, l’idée selon laquelle la consommation des acides gras saturés (AGS) doit être réduite en vue de diminuer le risque cardiovasculaire a dominé les recommandations diététiques. A son origine : l’étude des 7 pays, ou étude de Framingham, menée dans les années 1970. Elle mettait en évidence une corrélation entre incidence des maladies coronariennes et concentration en cholestérol total, elle-même corrélée à la part des AGS dans l’apport énergétique total. Bien que corrélation ne soit pas causalité, il a été alors conseillé aux Américains de réduire cette part à 10% (et celle des lipides à 30%).

Pourtant, Assem Malhotra souligne qu’aucune étude prospective récente n’a mis en évidence une association entre consommation d’AGS et risque cardiovasculaire. Un taux de cholestérol trop bas n’est d’ailleurs pas non plus souhaitable.

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La diminution des apports en AGS aurait entrainé une dégradation du goût des aliments compensée par une augmentation des apports en glucides et sucres. Or, le cardiologue rappelle que la consommation excessive de sucre augmente le risque de syndrome métabolique. Aujourd’hui, deux tiers des patients hospitalisés suite à un infarctus aigu du myocarde s’avèrent porteurs d’un syndrome métabolique, mais 75% d’entre eux présentent des concentrations en cholestérol total normales. Les glucides sont également en cause dans l’augmentation de LDL de type B (une sous classe de LDL effectivement liée au risque de MCV et qui ne diminue pas avec la diminution de la consommation en lipides ou en AGS).

Assem Malhotra remet en cause également la prescription selon lui abusive de statine mais sur ce sujet, qui sort du domaine stricto sensu de la nutrition, nous ne pouvons que vous rediriger sur la synthèse de l’HAS.

Pour Assem Malhotra, il est temps de détruire le mythe du rôle des AGS dans la survenue de maladies cardiovasculaires, et de revenir sur les recommandations diététiques visant les lipides et les AGS qui ont contribué à la montée en flèche de l’obésité. C’est ce qu’a déjà fait l’Anses en 2010.