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Études Pathologies

Obésité infantile et confinement

Temps de lecture : 2 minutes

Date de publication : 02 mars 2021 / Date de mise à jour : 14 avril 2021

Obésité infantile et confinement


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NICODEMO, M. SPREGHINI, MR. MANCO, M. « et col. » Childhood obesity and covid-19 lockdown: remarks on eating habits of patients enrolled in a food-education program. Nutrients, 2021, 13, 383, doi: 10.3390/nu13020383.

Les enfants en situation d’obésité, suivant un programme d’éducation nutritionnelle spécifique avant le début du confinement, ont conservé, pendant le confinement, certaines bonnes pratiques alimentaires comme la prise d’un petit déjeuner. Ils ont par contre ressenti la faim beaucoup plus fréquemment et ont pratiqué relativement peu d’activité physique à domicile.

 

Plusieurs études ont montré des modifications des comportements alimentaires associées aux confinements mis en place à travers le monde dans le cadre de la lutte contre la Covid 19. Une nouvelle étude italienne s’intéresse au cas spécifique d’enfants en situation d’obésité qualifiée de compliquée (car associée à une insulinorésistance, une dyslipidémie sévère, une stéatose hépatique, etc.) qui étaient engagés, avant le début du confinement, dans un programme d’éducation alimentaire mené par un hôpital pédiatrique à Rome. Au total, 88 enfants obèses, âgés de 5 à 17 ans ont répondu, avec leurs parents, à une enquête envoyée par mail entre les mois de mars et mai 2020.

Les auteurs mettent tout d’abord en avant le fait que certaines habitudes faisant l’objet d’une attention spécifique dans le cadre du programme d’éducation alimentaire sont relativement bien préservées pendant le confinement. Par exemple, plus de 85 % des enfants déclarent consommer régulièrement un petit déjeuner, près de 65 % font le choix d’un fruit pour le goûter et 47 % consomment des légumes à la fois pour les repas de midi et du soir. Les résultats de l’enquête mettent en évidence que plus de la moitié des enfants (51 %) prennent le temps, pendant le confinement, de préparer régulièrement le repas avec leurs parents (32 % déclarent le faire parfois), ce qui est un comportement encouragé au sein du programme d’éducation.

Cette étude montre aussi qu’une majorité des enfants ont, pendant le confinement, une sensation de faim augmentée par rapport à une période hors confinement. Près de 30 % des enfants déclarent en effet ressentir souvent une faim augmentée et 50 % de temps en temps. C’est l’après-midi (dans 70,5 % des cas) qui est la période la plus propice à ressentir cette sensation de faim accentuée. Ces augmentations de la faim peuvent expliquer la hausse des consommations de bonbons et de biscuits, mise en lumière par l’enquête.

Enfin, les auteurs s’inquiètent des conséquences à venir de l’augmentation de la sédentarité chez ces enfants. Pendant le confinement, ils sont en effet plus de 30 % à déclarer ne jamais pratiquer d’exercices physiques à domicile, alors que seulement 21,6 % déclarent en pratiquer souvent.

Pour conclure, cette étude met en évidence, chez les enfants en situation d’obésité suivant un programme d’éducation alimentaire, la difficulté à conserver une alimentation et un mode de vie adaptés à leur statut nutritionnel, en particulier en raison des augmentations conjointes de la sédentarité et de la sensation de faim. Les auteurs insistent sur l’importance de mettre en place un suivi spécifique de ces enfants dans des situations aussi exceptionnelles que les confinements.

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