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Études Pathologies

Quels liens entre le statut socioéconomique et l’obésité chez l’enfant ?

Temps de lecture : 2 minutes

Date de publication : 14 décembre 2020

Quels liens entre le statut socioéconomique et l’obésité chez l’enfant ?


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AYALA-MARIN, AM. IGUACEL, I. DE MIGUEL-ETAYO, P. « et col. » Consideration of social disadvantages for understanding and preventing obesity in children. Frontiers in Public Health, 2020, 8, 423, doi: 10.3389/fpubh.2020.00423.

Un statut socioéconomique bas est associé à une augmentation du risque d’obésité infantile. Ce lien complexe s’explique par des comportements défavorables à la santé, un environnement obésogène ou encore un stress chronique générateur de troubles métaboliques.

Dans les pays dits développés, les enfants les plus défavorisés d’un point de vue socioéconomique présentent un risque plus élevé d’être en situation d’obésité. Une revue de littérature examine dans le détail l’association entre le statut pondéral des enfants et le statut social, ainsi que ses implications.

Les auteurs mettent tout d’abord en avant que les paramètres classiquement utilisés pour déterminer les niveaux socioéconomiques les plus bas (bas niveau d’éducation, catégorie professionnelle basse et faibles revenus) sont souvent associés, dès le plus jeune âge, à des comportements pouvant favoriser l’obésité :

  • allaitement maternel moins long ;
  • régime alimentaire moins sain ;
  • activité physique moins pratiquée au profit d’activités sédentaires.

Ces comportements peuvent être liés à des choix individuels (par manque de connaissance), à des contraintes familiales (économiques par exemple) et à des aspects d’ordre environnemental (accès facilité à des aliments défavorables à la santé, accès difficile à des terrains de sports).

En plus de ces paramètres socioéconomiques habituellement considérés, d’autres sont aussi indépendamment associés à des prévalences augmentées d’obésité chez l’enfant, en particulier le statut de migrant, le réseau social étroit des parents ou encore la consommation de substances par les parents. Ces vulnérabilités sociales sont toutes génératrices d’un stress chronique chez l’enfant qui pourrait favoriser des dysfonctionnements métaboliques et entraîner une prise de poids.

Les auteurs mettent en lumière que les interventions réussies visant à la prévention de l’obésité chez les enfants les plus socialement défavorisés ont en commun les critères suivants :

  1. elles agissent au minimum à 3 niveaux (parmi les niveaux individuel, familial, scolaire, communautaire et sociétal) ;
  2. elles impliquent les membres de la communauté et parviennent à obtenir leur engagement ;
  3. elles mettent en action des professionnels de plusieurs secteurs (public, privé, etc.) ;
  4. elles sont durables dans le temps.

Pour conclure, cette étude met en évidence la complexité des liens existants entre les désavantages sociaux et l’obésité chez l’enfant. Des interventions multiniveaux sont requises pour prévenir efficacement l’obésité dans cette population spécifique.

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