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Études Pathologies

Végétalisme et allergies alimentaires : une équation difficile à résoudre

Temps de lecture : 2 minutes

Date de publication : 26 octobre 2020

Végétalisme et allergies alimentaires : une équation difficile à résoudre


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PROTUDJER, JLP. & MIKKELSEN, A. Veganism and paediatric food allergy: two increasingly prevalent dietary issues that are challenging when co-occurring. BMC Pediatrics, 2020, 20, 341, doi: 10.1186/s12887-020-02236-0.

Chez les enfants, le suivi d’un régime végétalien, associé à la présence d’allergies alimentaires, peut rendre élevé le risque de carences en certains micronutriments et en protéines et complexifier la gestion de l’alimentation au quotidien.

Le suivi d’un régime végétalien implique l’éviction de tous les produits d’origine animale de l’alimentation. Les allergies alimentaires entraînent, elles aussi, la nécessité d’éliminer certains aliments de son répertoire alimentaire. Une revue de littérature examine les risques spécifiques liés à la présence d’allergies alimentaires chez les personnes végétaliennes, en particulier les enfants.

Les auteurs mettent tout d’abord en avant le fait qu’un régime végétalien mal mené chez les enfants peut entraîner des carences en protéines et en un certain nombre de micronutriments, en particulier en iode, fer, zinc, calcium, vitamines B12, D, B2, A, ainsi qu’en acide docosahexaénoïque (DHA). Chez les enfants végétaliens souffrant d’allergies alimentaires, ce risque de carences est augmenté par le fait que de nombreux aliments qui constituent habituellement des sources importantes de ces nutriments pour les végétaliens sont aussi des allergènes assez communs. C’est le cas du soja, une source importante de protéines et de fer dans cette population ou encore des fruits à coque, une autre source végétale de fer.

En conséquence, il est recommandé aux professionnels de santé suivant des enfants à la fois végétaliens et allergiques :

  • d’évaluer très régulièrement leurs statuts en ces différents nutriments ;
  • d’examiner l’apparition de symptômes d’éventuelles pathologies associées (telles que l’asthme) qui pourraient entraîner une augmentation des besoins en nutriments ;
  • de suivre scrupuleusement leurs paramètres anthropométriques, afin de détecter tout fléchissement de la courbe de croissance.

Enfin, les auteurs mettent en lumière l’importance d’identifier très précisément la source de l’allergie alimentaire chez ces enfants. En effet, si un enfant végétalien est allergique aux noix par exemple, il est important qu’il n’élimine pas de son alimentation l’ensemble des fruits à coque, car ces derniers sont susceptibles de lui apporter de nombreux minéraux et limiter ainsi le risque de carences.

Pour conclure, cette revue de littérature met en évidence qu’éviter les carences nutritionnelles chez les enfants végétaliens souffrant d’allergies alimentaires est un exercice complexe. De nombreux paramètres sont à prendre en compte : le répertoire alimentaire réduit de l’enfant, les comorbidités potentiellement associées à l’allergie ou encore la nécessité d’augmenter les quantités consommées en raison des biodisponibilités en nutriments souvent plus basses dans les aliments végétaux.

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