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Références nutritionnelles pour les enfants de 0 à 3 ans

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Publié le 02/11/2021
Publié le 02/11/2021
Temps de lecture : 11 minutes

La nutrition du jeune enfant doit permettre le développement de l’ensemble de l’organisme, notamment les systèmes nerveux et gastro-intestinal mais aussi les capacités cognitives et orales, tout en tenant compte de nombreuses immaturités.

Par ailleurs, pendant cette période, l’organisme est particulièrement sensible à l’effet de son environnement, notamment nutritionnel, sur sa santé au long terme : c’est le concept des « 1 000 premiers jours » qui commence dès la grossesse.

Références nutritionnelles en protéines, lipides ET glucides

Energie

En raison de grandes variabilités inter et intra-individuelles, la prédiction d’un besoin énergétique moyen est complexe.

L’enfant a une importante capacité d’autorégulation de sa prise alimentaire qui doit être respecté.

L’adéquation de l’apport énergétique aux besoins du jeune enfant se manifeste par une croissance staturopondérale harmonieuse correspondant aux courbes de corpulence du carnet de santé revues en 2018.

L’ANSES a précisé la répartition souhaitable de l’apport énergétique entre les différents macronutriments qui est indiquée dans le tableau ci-après.

IR : Intervalle de Référence – LA : Acide Linoléique – ALA : Acide Alpha-Linolénique – DHA : Acide DocoHéxaénoïque – EPA : Acide EïcosaPentaénoïque – Apport Energétique – Acides Gras Totaux

Concernant la couverture des besoins en macronutriments, elle est très insuffisante pour les lipides qui représentent seulement 38 % de l’AE pour les nourrissons de moins d’un an et 32 % pour les enfants de 1 à 3 ans (INCA3). Cette faible contribution des lipides se fait au profit des glucides mais également des protéines à partir d’un an.

Protéines

La limite basse de l’intervalle de référence correspond au minimum, en lien avec l’apport énergétique, permettant de couvrir les besoins liés à l’entretien et la croissance. De même, la limite haute a été déterminée en raison d’un risque accru, à partir de ce seuil, de développer une obésité avant l’âge de 10 ans.

Lipides

Au sujet de l’aspect qualitatif des lipides, les recommandations de mai 2011 continuent de s’appliquer.

Glucides

Les apports en glucides viennent compléter l’apport énergétique lié aux protéines et lipides. Du fait de la consommation importante de lactose par les jeunes enfants, le risque lié à l’apport des sucres hors lactose et galactose n’a pu être établi, de même que le seuil à ne pas dépasser. Cependant, la consommation importante de produits sucrés observée dans les études semble peu compatible avec l’équilibre alimentaire souhaité.

Références Nutritionnelles en vitamines

Avant un an, les références nutritionnelles en vitamines ont été établies à partir de l’apport satisfaisant chez des nourrissons en bonne santé.

A partir d’un an, les références nutritionnelles sont établies le plus souvent comme chez l’adulte à partir d’un BNM.

VITAMINES LIPOSOLUBLES

BNM : Besoin Nutritionnel Moyen – RNP : Référence Nutritionnelle pour la Population – LSS : Limite Supérieure de Sécurité – *Apport Satisfaisant – ER : Equivalent Rétinol
A savoir
Lorsque les données ont été jugées suffisantes, un BNM et une RNP ont été déterminés. Dans
le cas contraire, un AS a été fixé. Selon les données disponibles, l’AS est fondé soit sur des
données d’apports observés dans la population, soit principalement sur des études
d’observation.

VITAMINES HYDROSOLUBLES

BNM : Besoin Nutritionnel Moyen – RNP : Référence Nutritionnelle pour la Population – LSS : Limite Supérieure de Sécurité – *Apport Satisfaisant – EN : Equivalent Niacine – EFA : Equivalent Folates Alimentaires

Par ailleurs, deux supplémentations vitaminiques sont prescrites systématiquement selon les recommandations de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et la Société Française de Pédiatrie :

  • En vitamine K1, chez tous les nouveaux nés à terme, en prévention de la maladie hémorragique du nourrisson,
  • En vitamine D, chez le nourrisson et le jeune enfant, pour son importance dans le métabolisme osseux et la prévention du rachitisme.

Les références nutritionnelles pour la choline sont :

Références Nutritionnelles en minéraux et oligo-éléments

Les références nutritionnelles en minéraux et oligo-éléments ont également été précisées pour les nourrissons et les enfants de 1 à 3 ans. Avant 1 an, ce sont exclusivement des AS (pas de RNP sauf pour le fer à partir de 6 mois) et la LSS n’est pas déterminée.

BNM : Besoin Nutritionnel Moyen – RNP : Référence Nutritionnelle pour la Population – *Apport Satisfaisant – LSS : Limite Supérieure de Sécurité
BNM : Besoin Nutritionnel Moyen – RNP : Référence Nutritionnelle pour la Population – *Apport Satisfaisant

Pour définir la référence nutritionnelle en fer des entre 1 et 2 ans, les experts ont pris en compte le taux d’absorption (identique à celui de l’adulte) ainsi que le pourcentage de fer héminique dans le régime des enfants (consommation de nombreux aliments spécifiques en quantités variables).

La couverture de la référence nutritionnelle du fer doit particulièrement être surveillée. Selon les études de consommation, et notamment INCA3, environ 50 % des nourrissons de plus de 6 mois et 30 % des enfants de 1 à 3 ans, ont des apports insuffisants. Par contre la prévalence de la déficience en fer reste faible. Une étude transversale réalisée en France a estimé que 3 % des enfants de 10 mois à 2 ans et 5 % des enfants de 2 à 3 ans ont une déficience en fer.

Concernant les apports sodés, l’étude INCA3 révèle qu’ils sont excessifs dès le plus jeune âge et dépassent même la limite supérieure de sécurité fixée pour les enfants entre 1 et 3 ans (apport moyen de 1283 +/- 374 mg/jour pour une LSS fixée à 1200 mg).

Particularités de l’alimentation des jeunes enfants

Pour permettre de couvrir les références nutritionnelles en macro et micronutriments, l’alimentation va progressivement évoluer chez le jeune enfant.

Trois périodes sont à distinguer :
– entre 0 et 4 mois (révolus) : alimentation lactée exclusive sous forme de lait maternel ou de préparations pour nourrissons,
– de 4 à 6 mois : fenêtre d’opportunité pour le début de la diversification alimentaire (pour tous les enfants, y compris ceux à risque d’aller
gie) avec introduction d’aliments solides de texture simple (de type purée) dont les goûts varient,
– à partir de 6 mois : suite de la diversification alimentaire avec évolution de la texture et de la taille des morceaux pour un passage progressif aux aliments de la table familiale, en évitant les aliments non adaptés aux enfants de moins de 3 ans.

ANSES, Rapport d’expertise collective « Actualisation des repères du PNNS : élaboration des références nutritionnelles » (2016)

ANSES, Rapport d’expertise collective « Repères alimentaires pour les populations spécifiques » (2019)

ANSES, Rapport d’expertise collective « Actualisation des Apports nutritionnels conseillés pour les acides gras » (2011)

ANSES, Rapport d’expertise collective « Etude individuelle nationale des consommations alimentaires 3 (INCA3) » (2017)

ANSES, Rapport d’expertise collective « Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux » (2021)

HCSP, Avis relatif à la révision des repères alimentaires pour les enfants âgés de 0-36 mois et de 3-17 ans (2020)

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