AccueilArticlesPopulationsRéférences nutritionnelles pour les femmes ménopausées et les hommes de plus de 65 ans

Références nutritionnelles pour les femmes ménopausées et les hommes de plus de 65 ans

Article
Publié le 02/11/2021
Publié le 02/11/2021
Temps de lecture : 7 minutes

La limite de 65 ans a été retenue par l’ANSES pour fixer le passage de la catégorie « adulte » à « personne âgée ».

En raison des spécificités physiologiques liées à la ménopause, les « femmes » ont été subdivisées en 3 sous-groupes :

  • les femmes ménopausées de 51 à 59 ans
  • les femmes ménopausées de 60 à 65 ans
  • les femmes ménopausées de plus de 65 ans.

La baisse progressive liée à l’âge de la dépense énergétique de repos, a conduit à l’estimation des besoins énergétiques journaliers moyens pour chaque tranche d’âge.

Le Niveau d’Activité Physique utilisé est issu des études INCA, il est de 1,63 et identique pour chaque tranche d’âge.

Références Nutritionnelles en protéines, lipides, glucides et fibres

Le besoin énergétique est donc à répartir quotidiennement entre les différents nutriments énergétiques comme indiqué dans le tableau ci-après.

Protéines

En raison de particularités du métabolisme protéique liés à l’âge, après 65 ans, la limite basse de l’intervalle de référence pour les protéines est augmentée à 15 %. De même, l’apport de sécurité fixé à 0,83 g/kg avant 65 ans, passe à 1 g/kg après. La limite haute ne change pas par rapport à l’adulte.

Qualité des protéines

Outre la quantité, l’aspect qualitatif des protéines proposées aux personnes âgées est important.
Il faudra donc veiller :
à l’origine des protéines : les protéines animales ont une meilleure digestibilité et contiennent tous les acides aminés essentiels, notamment la lysine et les acides aminés soufrés qui peuvent faire défaut dans les protéines végétales.
En cas de repas sans ou pauvre en protéines animales, il faudra utiliser la complémentarité protéique en associant les céréales avec les légumes secs ou les céréales avec les produits laitiers.
– à la chronobiologie de l’apport protéique : différentes études ont montré que l’apport protéique serait plus efficace sur l’anabolisme et la rétention azotée chez le sujet âgé. Il semble donc préférable de concentrer l’apport protéique sur le déjeuner.
– à la vitesse d’assimilation des protéines alimentaires : certaines études ont mis en évidence une augmentation plus rapide de l’aminoacidémie après le repas avec certaines protéines (notamment celles du lactosérum). Ce concept reste difficile à appliquer à ce jour (pas de classification des protéines alimentaires selon ce critère).

Glucides et Lipides

Les recommandations en lipides et glucides ne changent pas par rapport à l’adulte.

Fibres

Quant aux fibres, l’apport satisfaisant correspond à une fourchette de 25 à 30 g par jour à partir de 65 ans.

Références Nutritionnelles En vitamines

Les références nutritionnelles en vitamines pour les femmes ménopausées et les hommes âgés sont les mêmes que celles définies pour les adultes à partir de 18 ans.

Seules les références en vitamines B1 et B3, proportionnelles aux apports énergétiques, seront légèrement modifiées.

ER : Equivalent Rétinol – EN : Equivalent Niacine – Equivalent Folates Alimentaires
ND : Non Déterminé

La référence nutritionnelle actualisée pour la choline est identique à celle de l’adulte : 400 mg/jour.

Pour la vitamine D, la couverture de la référence nutritionnelle uniquement par l’alimentation est particulièrement difficile dans les 4 sous-groupes de personnes âgées. Celle de la vitamine C devient difficile chez les femmes à partir de 60 ans.

Références Nutritionnelles en minéraux et oligo-éléments

Comme pour les vitamines, les recommandations de l’ANSES en minéraux et oligo-éléments sont les mêmes pour la population âgée que pour la population adulte sauf pour le fer chez les femmes, pour lequel la référence est fixée à 11 mg/jour dès la ménopause.

La couverture du fer, de l’iode et du zinc devient difficile à partir de 60 ans chez les femmes et 65 ans chez les hommes.

Selon l’ANSES, les repères alimentaires prévus pour les adultes n’ont pas besoin d’être modifiés chez les personnes âgées sauf si le niveau d’activité physique baisse.

Dans ce cas-là, une légère diminution de la taille des portions par rapport à celles de l’adulte est requise sauf pour :
– les légumes et fruits frais sources de vitamine C et fer,
– les poissons gras, mollusques et crustacés, sources d’iode, EPA, DHA et zinc,
– les produits céréaliers complets, sources de fer et de zinc.

ANSES, Rapport d’expertise collective « Actualisation des repères du PNNS : élaboration des références nutritionnelles » (2016)

ANSES, Rapport d’expertise collective « Repères alimentaires pour les populations spécifiques » (2019)

ANSES, Rapport d’expertise collective « Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux » (2021)

Cet article fait partie de notre dossier
Nos ressources exclusives
Congrès 2021 de la Société Française de Pédiatrie
Le confinement a-t-il altéré la santé des enfants ? Identifier l’impact du confinement sur la santé des enfants et agir en pratique contre les déséquilibres alimentaires et la sédentarité.
Consulter la page