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Vigilance autour de la vitamine D et du sodium

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Publié le 02/11/2021
Publié le 02/11/2021
Temps de lecture : 6 minutes

Suite à son dernier rapport sur les recommandations nutritionnelles en vitamines et minéraux, l’ANSES alerte sur deux micronutriments dont la couverture des besoins pourrait poser problème en France chez une grande partie de la population :

  • La vitamine D par insuffisance d’apport,
  • Le sodium en raison d’une consommation excessive.

La vitamine D

La vitamine D est indispensable à la régulation du métabolisme phosphocalcique et donc à la qualité du tissu osseux.

Couverture des besoins

La Référence Nutritionnelle pour la Population pour la vitamine D est de 10 µg par jour avant 1 an et de 15 µg après.

Selon l’ANSES, en 2019, plus de 70 % des adultes français présentaient une insuffisance d’apport en vitamine D, voire une carence dans 6,5 % des cas.

La couverture des besoins en cette vitamine est donc un enjeu de santé publique.

Aliments sources

Les principaux aliments vecteurs de vitamine D sont les poissons gras (hareng, sardine, saumon, maquereaux), les produits laitiers enrichis en vitamine D, le jaune d’œuf, le chocolat noir, le beurre et les margarines. La couverture du besoin nutritionnel est normalement atteinte par une consommation régulière de ces aliments. Une exposition solaire de 15 à 20 minutes par jour permet de compléter.

Le saviez-vous ?

En France, les principaux aliments contributeurs aux apports en vitamine D dans la population sont les poissons et les produits laitiers (yaourts, fromage blanc, fromage, lait) qui contribuent respectivement à 19 % et 25 % des apports chez les adultes.

Risque nutritionnel

Une déficience en vitamine D se manifeste par des troubles musculaires et/ou osseux. A long terme, elle favorise une perte de masse osseuse et augmente le risque de fractures.

Certaines personnes sont plus à risque de déficience :

  • Les personnes à peau mate ou foncée, chez qui la synthèse par exposition solaire est moins importante,
  • Celles qui suivent un régime alimentaire excluant certains aliments, notamment la viande, le poisson, les œufs ou encore les produits laitiers,
  • Les personnes âgées chez qui les capacités d’absorption ou de synthèse en cette vitamine diminuent.

Le sodium

Le sodium est principalement apporté à notre organisme via le chlorure de sodium ou « sel » utilisé pour améliorer la conservation mais aussi le goût ou la couleur de nos aliments.

1 g de sel contient 400 mg de sodium (et 600 mg de chlorure)

Intérêt et risques

Le sodium participe à la transmission des signaux nerveux ou à la contraction musculaire, il est donc indispensable au bon fonctionnement de notre corps.

En revanche, lorsqu’il est consommé en excès, le sel est désormais reconnu comme un facteur favorisant l’hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires, le cancer de l’estomac ou encore l’ostéoporose.

Recommandations nutritionnelles

L’ANSES a donc décidé de fixer une référence nutritionnelle « inférieure » de type « Apport Satisfaisant (AS) » et une référence nutritionnelle « supérieure » de type « Limite Supérieure de Sécurité (LSS) ».  Le tableau ci-dessous rappelle ces valeurs pour les différentes catégories de population, les chiffres sont donnés pour le sodium, l’équivalence en « sel » est également précisée.

RNP en sodium et équivalent en sel pour la population française

Ces recommandations correspondent à l’un des objectifs phares du PNNS4 qui conseille de ne pas consommer plus de 5 g de sel par jour pour un adulte, soit l’équivalent de 2,4 g de sodium.

Consommation

En France, l’étude INCA3 révèle que, en moyenne, toutes les catégories de population sont concernées par l’excès de consommation de sel :

  • 4,4 g par jour chez les enfants de 0 à 10 ans,
  • 6,5 g par jour chez les adolescents de 11 à 17 ans,
  • 7 g par jour pour les femmes et 9 g pour les hommes.
Le saviez-vous ?

En France, le pain représente près de 25 % des apports alimentaires de sodium, loin devant les sauces et condiments (12 %), les produits de panification salés ou les soupes (environ 10 % chacun), la charcuterie (8 %) et enfin les fromages (6 %).

ANSES, Rapport d’expertise collective « Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux » (2021)

ANSES, Etude Individuelle Nationale sur les Consommations Alimentaires 3 (2017)

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