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Insécurité alimentaire et apports nutritionnels chez l’enfant

Brèves scientifiques
Publié le 30/08/2021
Modifié le 31/08/2021
Modifié le 31/08/2021
Temps de lecture : 5 minutes
Insécurité alimentaire et apports nutritionnels chez l’enfant
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Les enfants en situation d’insécurité alimentaire présentent des apports diminués en certains micronutriments, en particulier en vitamine D et en magnésium. Leurs apports en énergie et en macronutriments ne sont par contre pas différents de ceux des enfants n’étant pas dans une telle situation.

Une personne est dite en situation d’insécurité alimentaire lorsqu’elle n’a pas, à tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive lui permettant de satisfaire ses besoins énergétiques et ses préférences alimentaires pour mener une vie saine et active. Une étude utilise les données transversales des enquêtes NHANES (National Health and Nutrition Examination Survey) 2011 à 2016, représentatives de la population des Etats-Unis, pour examiner les liens entre l’insécurité alimentaire et les apports nutritionnels chez 9147 enfants âgés de 1 à 18 ans.

Les résultats montrent que 11,9 % des garçons de l’échantillon et 10,8 % des filles se trouvent dans une situation d’insécurité alimentaire. Aucune différence significative n’a été mise en évidence entre ces enfants et le reste de l’échantillon concernant l’énergie totale ingérée, la part des macronutriments dans la ration énergétique, la quantité de fibres ingérée et la qualité globale de l’alimentation mesurée par l’index HEI (Healthy Eating Index).

Si l’on examine les apports en micronutriments, il apparaît que les filles et les garçons en situation d’insécurité alimentaire présentent, comparativement aux autres enfants de l’échantillon, un risque augmenté d’avoir :

  • des apports en vitamine D et en magnésium en dessous des recommandations,
  • ainsi que des apports en choline inadéquats.

Chez les filles uniquement, le risque de présenter des apports en calcium en dessous des recommandations est aussi plus élevé en situation d’insécurité alimentaire. Le fait d’être en situation d’insécurité alimentaire ne semble par contre pas être associé aux apports en folates, vitamine C, fer, zinc, potassium et sodium.

Les auteurs mettent en lumière le fait que ce sont les adolescentes âgées de 14 à 18 ans, en situation d’insécurité alimentaire, qui sont les plus à risque de présenter des apports inadéquats en micronutriments. On note en particulier, dans cette population, 92,8 ± 3,6 % d’individus ayant des apports en vitamine D en dessous des recommandations.

Pour conclure, cette étude américaine montre que les enfants en situation d’insécurité alimentaire, s’ils ne présentent pas des apports en énergie et macronutriments diminués, sont par contre plus à risque d’avoir des apports bas en certains micronutriments. Les auteurs relèvent le besoin d’interventions nutritionnelles ciblées dans cette population.

JUN, S. COWAN, AE. DODD, KW. « et col. » Association of food insecurity with dietary intakes and nutritional biomarkers among US children, National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) 2011–2016. The American Journal of Clinical Nutrition, 2021, nqab113, doi: 10.1093/ajcn/nqab113.