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Comment se façonnent les comportements alimentaires au cours de l’enfance ?

Brèves scientifiques
Publié le 12/10/2026
Publié le 12/10/2026
Temps de lecture : 4 minutes
CreditPhoto: Lumos sp

Les comportements alimentaires à l’âge adulte se construisent depuis la période prénatale, jusqu’à l’adolescence. Ils résultent de l’interaction de facteurs biologiques et environnementaux. L’écoute des signaux de faim et de satiété de l’enfant, les pratiques parentales d’éducation favorisant l’autorégulation, ainsi que la surveillance des environnements alimentaires scolaire et numérique peuvent jouer des rôles fondamentaux dans cette construction.

Le comportement alimentaire d’un enfant ne se résume pas à ce qu’il mange. Il englobe son intérêt pour les aliments, ses réponses aux stimuli alimentaires ou encore sa capacité à ajuster ses prises alimentaires en fonction de ses signaux internes de faim et de satiété. Une revue de littérature narrative fait le point sur les principaux déterminants des comportements alimentaires et sur leur évolution, de la période prénatale à l’adolescence, qui va façonner la manière de s’alimenter à l’âge adulte.

Les auteurs mettent tout d’abord en avant le fait que les déterminants précoces (génétique, type d’allaitement, de diversification, style parental d’alimentation de l’enfant, expositions sensorielles) s’organisent autour d’un axe biologique et d’un axe contextuel qui interagissent en permanence. Plus concrètement, les comportements alimentaires résultent de l’intégration de deux systèmes biologiques (le système homéostatique, régulant la faim et la satiété et le système hédonique, orienté vers le plaisir et la récompense), en constante interaction avec des facteurs environnementaux, tels que les normes familiales et sociales, le marketing alimentaire ou encore l’exposition et l’accès aux aliments très denses en énergie (cf. figure 1).

La figure 2 présente l’évolution de ces déterminants au cours des différentes phases de l’enfance. Elle illustre comment les influences précoces se consolident progressivement en habitudes alimentaires stables à l’âge adulte. Les différents facteurs apparaissant dans cette figure représentent les associations clés identifiées dans la littérature scientifique, tout au long de la vie, de la période prénatale à l’adolescence. Les auteurs insistent sur le caractère cumulatif et progressif de ces influences, qui aboutissent à des comportements alimentaires consolidés.

La revue de littérature met en lumière principalement quatre leviers pour construire un comportement alimentaire équilibré chez un individu :

  1. Des pratiques alimentaires à l’écoute des signaux de l’enfant : l’allaitement maternel prolongé et une diversification basée sur l’observation des signaux de faim/satiété favorisent l’acceptation des fruits et légumes et une meilleure autorégulation de l’appétit. À l’inverse, forcer l’enfant à manger ou utiliser la nourriture comme récompense favorise l’impulsivité alimentaire.
  2. Des pratiques parentales structurantes mais bienveillantes : un style parental d’éducation combinant soutien affectif et limites claires favorise l’autorégulation ; les styles trop restrictifs ou trop permissifs ont tendance à l’entraver. Le modèle parental (ce que les parents mangent) et des repas réguliers peuvent également jouer un rôle bénéfique.
  3. Au-delà de la famille, l’école constitue un environnement important pour l’acquisition des habitudes alimentaires. Les programmes scolaires donnant accès à des repas équilibrés, aux fruits, aux légumes et à l’eau sont en effet associés à des améliorations de la qualité alimentaire des enfants.
  4. Enfin, l’environnement numérique représente un enjeu plus récent. L’exposition aux publicités pour des aliments très palatables sur les réseaux sociaux et les plateformes audiovisuelles est par exemple corrélée à une augmentation des préférences pour les aliments sucrés et salés.

En conclusion, cette revue de littérature rappelle qu’un comportement alimentaire équilibré ne se construit pas sur un seul plan. Il résulte d’une interaction constante entre les caractéristiques biologiques de l’enfant, les pratiques parentales au quotidien et les différents environnements dans lesquels il évolue.

MANESCHY, I. MIGUEL-BERGES, M. JIMENO-MARTINEZ, A. « et col. » Eating behavior and eating habits: from infancy to adolescence. Nutrients, 2026, 18, 2000, doi: 10.3390/nu18122000.