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Allergies alimentaires : élargir la vigilance au-delà des allergènes habituels

Brèves scientifiques
Publié le 15/06/2026
Publié le 15/06/2026
Temps de lecture : 3 minutes
CreditPhoto: New Africa

L’allergie alimentaire de l’adulte ne se limite pas aux allergènes majeurs classiquement décrits. Une étude auprès de 1000 patients consultant pour allergie souligne l’importance d’allergènes moins étudiés, notamment végétaux, dans la survenue de réactions parfois sévères.

La prévalence des allergies alimentaires est globalement en croissance. En Europe, la proportion de personnes qui ont eu au moins une allergie alimentaire à un moment de leur vie est passée de 2,6 % sur la période 2000-2012 à 3,5 % entre 2012 et 2021. Si la recherche s’est historiquement concentrée sur les principaux allergènes alimentaires (les « big 8 » : lait, œuf, arachide, fruits à coque, soja, blé, poisson, crustacés), une étude néerlandaise élargit le spectre en examinant la fréquence et la sévérité de l’ensemble des allergies alimentaires déclarées chez plus de 1000 patients adultes ayant consulté au service d’allergologie du Centre médical universitaire d’Utrecht (Pays-Bas) entre 2018 et 2023.

Les auteurs mettent tout d’abord en avant le fait que 192 aliments différents sont impliqués dans des réactions allergiques. Près de 80 % des symptômes concernent seulement 30 aliments. Les 20 % restant se répartissent parmi les 162 autres aliments dont 35 n’ont été rapportés qu’une seule fois. La figure 1 met en lumière le fait que les aliments végétaux sont les plus impliqués dans des réactions allergiques : 68 % des patients ont rapporté des symptômes causés par des fruits, 63 % par des fruits à coque, 39 % par des légumineuses, 34 % par des légumes et 14 % par des graines ou noyaux.

Concernant la sévérité des symptômes (cf. figure 1), c’est parmi les allergies aux graines et noyaux que la plus grande proportion d’allergies sévères est rapportée (39,8 %), devant le poisson (39,2 %), les légumineuses (34,8 %), les fruits à coque (31,9 %) et les crustacés (31,3 %). A noter que, si les réactions sévères aux fruits sont moins nombreuses en proportion (16,5 % de toutes les réactions allergiques aux fruits), elles arrivent en 3e position si l’on considère le nombre total de patients concernés (n = 149), derrière les fruits à coque (n = 252) et les légumineuses (n = 218). Les fruits concernés par ces réactions allergiques sévères sont le plus souvent des fruits tropicaux : litchi, papaye, fruit du jacquier, kaki ou encore grenade. Concernant les légumineuses, c’est l’arachide qui est le plus souvent en cause, suivie des alternatives laitières au soja, des haricots, des petits pois et des lentilles.

Pour conclure, les auteurs attirent l’attention sur le fait que, parmi les 14 allergènes à déclaration obligatoire[1], certains ne sont pas responsables, dans cet échantillon, de réactions fréquentes ou sévères ; c’est par exemple le cas du lupin, de la moutarde ou du céleri. A contrario, d’autres allergènes tels que la graine de tournesol ou le pignon de pin provoquent des réactions allergiques sévères, mais ne sont pas répertoriés dans cette liste des allergènes faisant l’objet d’un étiquetage obligatoire. Ces données doivent cependant être interprétées avec prudence, car elles ne proviennent que d’un seul pays européen, alors que l’étiquetage alimentaire est harmonisé à l’échelle de l’Union européenne et que la sévérité des réactions pourrait différer dans d’autres contextes.


[1] Arachide, céleri, crustacés, céréales contenant du gluten, fruits à coque, lait, lupin, œuf, poisson, mollusques, moutarde, sésame, soja, sulfites.

KALLEN, EJJ. WELSING, PMJ. NIJENHUIS, I. « et col. » Frequency and severity of 192 foods causing food allergy in adults. Journal of Allergy and Clinical Immunology: Global, 2025, 5, doi: 10.1016/j.jacig.2025.100616.