AccueilBrèves scientifiquesPathologiesAllergiesAPLV du nourrisson : un impact sur la densité minérale osseuse à l’adolescence

APLV du nourrisson : un impact sur la densité minérale osseuse à l’adolescence

Brèves scientifiques
Publié le 29/06/2026
Publié le 29/06/2026
Temps de lecture : 3 minutes
CreditPhoto: Vector_Artist

Selon une étude de cohorte, une éviction stricte des produits laitiers pendant la petite enfance dans le cadre d’une APLV pourrait avoir des conséquences délétères sur la santé osseuse à l’adolescence, avec des densités minérales osseuses diminuées au niveau du radius et du tibia.

L’allergie aux protéines de lait de vache (APLV) est l’une des allergies alimentaires les plus fréquentes chez le jeune enfant. Sa prise en charge implique l’éviction stricte des produits laitiers jusqu’à l’étape de réintroduction et l’acquisition de la tolérance. Une étude de cohorte finlandaise examine les conséquences à long terme de cette éviction précoce sur la santé osseuse. Concrètement, un groupe de 43 adolescents, âgés de 15 à 18 ans, avec une APLV confirmée pendant leur petite enfance par un test de provocation oral, a été comparé à un groupe de 38 adolescents suspectés d’avoir une APLV pendant l’enfance, mais pour lesquels le résultat du test de provocation oral s’est révélé négatif (groupe APLV non confirmée) et à un groupe contrôle, constitué de 49 adolescents du même âge.

Après ajustement sur de nombreux potentiels facteurs de confusion (sexe, IMC, activité physique, consommation de produits laitiers, apport quotidien en vitamine D), les données mettent en évidence :

  • une densité minérale osseuse volumétrique (DMOv) totale médiane au niveau du radius distal inférieure dans le groupe avec APLV confirmée, comparativement au groupe avec APLV non confirmée (Z-scores médians = -1,49 vs -0,78). Tout particulièrement, 37 % des sujets du groupe APLV confirmée avaient un Z-score inférieur à -2, contre seulement 5 % chez les APLV non confirmées et 15 % dans le groupe contrôle (P = 0,001) ;
  • une DMOv totale médiane au niveau du tibia distal inférieure dans le groupe avec APLV confirmée, comparativement au groupe contrôle (Z-scores médians = -0,05 vs +0,01). A noter que c’est particulièrement la DMOv trabéculaire qui est significativement inférieure dans le groupe APLV confirmée.

Une analyse en sous-groupe au sein du groupe avec APLV confirmée montre que les participants présentant une APLV IgE-médiée ont des Z-scores médians plus faibles que ceux présentant une APLV non IgE-médiée, tant pour la DMOv trabéculaire du radius distal que pour les DMOv totale et trabéculaire du tibia distal. Selon les auteurs, ces différences pourraient s’expliquer par la consommation plus faible de produits laitiers observée chez les participants avec une APLV IgE-médiée, comparativement à ceux avec une APLV non IgE-médiée (médiane = 317 g/j vs 661 g/j, P = 0,04)

Pour conclure, cette étude d’observation met en lumière le fait qu’une APLV confirmée pendant l’enfance, ayant conduit au suivi d’un régime alimentaire avec éviction stricte des produits laitiers, peut avoir des conséquences délétères sur la santé osseuse à l’adolescence. Les auteurs soulignent l’importance de n’instaurer un régime d’éviction des produits laitiers que lorsque l’APLV est confirmée par un test de provocation et en présence de symptômes cliniquement pertinents, ainsi que sur celle de réintroduire les produits laitiers dans l’alimentation une fois la tolérance acquise.

PIIPPO, S. VARIMO, T. HAUTA-ALUS, H. « et col. » Bone structure and body composition in adolescents with cow’s milk allergy in infancy: a clinical cohort study. BMJ Paediatrics Open, 2026, 10, e004087, doi: 10.1136/bmjpo-2025-004087.