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Travail de nuit et comportements alimentaires : résultats d’une étude européenne

Brèves scientifiques
Publié le 20/07/2026
Publié le 20/07/2026
Temps de lecture : 3 minutes
CreditPhoto: TanyaJoy

Une étude menée dans huit pays européens met en évidence des habitudes alimentaires défavorables à la santé chez les personnes travaillant de nuit dont certaines persistent après l’arrêt de cette activité.

Le travail de nuit, qui concerne près de 18 % des travailleurs européens, est associé à un risque accru d’obésité et de maladies cardiovasculaires. Les comportements alimentaires pourraient constituer un levier explicatif majeur. Une étude en ligne réalisée dans huit pays européens auprès de 6 260 personnes de plus de 21 ans examine les différences de comportements alimentaires entre d’actuels travailleurs de nuit (n = 3 784), des personnes ayant travaillé de nuit par le passé (n = 1 250) et un groupe de personnes travaillant uniquement le jour (n = 1 226).

Les résultats montrent que, comparativement aux personnes travaillant pendant la journée, les actuels travailleurs de nuit consomment plus fréquemment des boissons sucrées (rapport des cotes ou odds ratio OR = 1,30 ; IC95% = [1,14 ; 1,48]) et caféinées (OR = 1,14 ; IC95% = [1,01 ; 1,30]), ainsi que des céréales raffinées (OR = 1,15 ; IC95% = [1,03 ; 1,30]) et moins fréquemment des fruits (OR = 0,87 ; IC95% = [0,77 ; 0,98]). A noter que les différences concernant les consommations de boissons caféinées et de fruits persistent chez les anciens travailleurs de nuit, ce qui suggère une empreinte durable de certaines habitudes acquises.

Au-delà des différences concernant la qualité des produits consommés, des différences comportementales sont également observées. En particulier, comparativement au groupe des travailleurs de jours, les actuels travailleurs de nuit déclarent manger significativement plus rapidement et avoir une fréquence plus élevée des prises alimentaires, que ce soit pendant les jours travaillés ou les jours de repos.

Les auteurs soulignent enfin le fait que l’intensité et la durée de l’exposition au travail de nuit apparaissent aussi déterminantes. En effet :

  • une fréquence élevée (plus de 8 nuits par mois) est associée à une consommation accrue de boissons sucrées et à une moindre consommation de fruits ;
  • une exposition au travail de nuit supérieure ou égale à 13 ans est liée à une augmentation des apports en boissons caféinées et à des comportements alimentaires plus défavorables (vitesse et fréquence des prises alimentaires).

En conclusion, cette large étude européenne confirme que le travail de nuit s’accompagne de modifications quantitatives et qualitatives des comportements alimentaires, susceptibles de favoriser le développement de maladies chroniques. Les auteurs soulignent que ces modifications concernent autant les femmes que les hommes et insistent sur l’importance de mettre en place des stratégies ciblées (organisation des pauses, accessibilité à des aliments sains, éducation nutritionnelle) pour améliorer les habitudes alimentaires de cette population à risque.

KLINK, U. FESKENS, EJM. LUCASSEN, DA. « et col. » Night shift work and dietary behaviors: a comparative analysis of European night shift and day workers from the SHIFT2HEALTH online survey. Nutrition Journal, 2026, 25, 43, doi: 10.1186/s12937-026-01320-y.