Selon une étude de cohorte, la choline et la bétaïne pourraient jouer un rôle bénéfique pour prévenir le déclin cognitif chez les séniors présentant un syndrome métabolique.
Le déclin cognitif lié à l’âge constitue un enjeu majeur de santé publique, particulièrement chez les sujets présentant un syndrome métabolique. Dans ce contexte, certains nutriments impliqués dans le métabolisme neuronal, comme la choline et la bétaïne, suscitent un intérêt croissant. Principalement apportée par des aliments d’origine animale (e.g. le poulet, le poisson, le bœuf et les produits laitiers), la choline joue un rôle dans les mécanismes neurobiologiques, notamment le métabolisme de la phosphatidylcholine, impliqué dans le déclin cognitif. La bétaïne, quant à elle, peut être apportée par l’alimentation (e.g. les céréales complètes, les épinards, les betteraves ou encore les fruits de mer) ou produite de manière endogène à partir de la choline.
Une étude prospective a examiné, chez plus de 6 500 personnes âgées de 55 à 75 ans et présentant un syndrome métabolique, les associations entre les apports alimentaires de choline et de bétaïne et l’évolution de la fonction cognitive sur une durée médiane de 2 ans. La fonction cognitive a été évaluée au début et à la fin de l’étude au moyen d’une batterie de tests neuropsychologiques permettant d’appréhender la fonction cognitive générale, mais aussi plus particulièrement les fonctions exécutives (e.g. la planification, la résolution de problèmes), l’attention (e.g. la concentration, la vitesse de traitement de l’information) ou encore le langage (e.g. la fluence verbale, la compréhension).
Les résultats montrent que les participants ayant les apports les plus hauts en choline (en moyenne 493 ± 43 mg/j dans le tertile le plus élevé) présentent des évolutions plus favorables sur une durée de 2 ans, concernant l’attention et le langage, comparativement aux participants du tertile le plus bas (apport moyen en choline = 352 ± 33 mg/j)[1]. Pour la bétaïne, l’évolution du langage est aussi améliorée sur 2 ans chez les participants ayant les apports les plus hauts (moyenne du tertile le plus élevé = 148 ± 23 mg/j), comparativement au tertile le plus bas (apport moyen en bétaïne = 82 ± 14 mg/j). Les données laissent également apparaître une association positive plus modeste entre l’apport en bétaïne et le maintien de la fonction exécutive.
Pour conclure, les auteurs suggèrent que la choline pourrait soutenir la fonction cognitive de par son rôle de précurseur de l’acétylcholine et des phospholipides membranaires, alors que la bétaïne pourrait exercer des effets neuroprotecteurs grâce à ses propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes. Des études à plus long terme sont nécessaires pour confirmer ces associations.
[1] A noter que l’apport moyen satisfaisant pour la choline est de 400 mg/j chez l’adulte, selon l’ANSES.
VAZQUEZ-LORENTE, H. MANZANARES, JM. BABIO, N. « et col. » Dietary choline and betaine intake and 2-year changes in cognitive function in older adults with overweight or obesity and metabolic syndrome: a prospective cohort analysis. The American Journal of Clinical Nutrition, 2026, 101265, doi: 10.1016/j.ajcnut.2026.101265.