AccueilBrèves scientifiquesPopulationsQuels liens entre la qualité du sommeil et les food cravings chez les adolescents ?

Quels liens entre la qualité du sommeil et les food cravings chez les adolescents ?

Brèves scientifiques
Publié le 22/06/2026
Publié le 22/06/2026
Temps de lecture : 3 minutes
CreditPhoto: Anna

Les adolescents ayant un sommeil de moindre qualité sont plus à risque de présenter des envies alimentaires irrépressibles. Une intervention de type comportementale et cognitive sur le sommeil peut aider à réduire ces épisodes de food cravings.

La littérature scientifique a mis en évidence de nombreux liens entre le sommeil et l’alimentation. Plusieurs études ont par exemple montré qu’un sommeil insuffisant pouvait être associé à une alimentation de moindre qualité, après ajustement sur les facteurs confondants liés au mode de vie et à l’état de santé. Une étude examine plus spécifiquement, dans la population des adolescents, les liens potentiels entre le sommeil et les envies alimentaires irrépressibles (en Anglais les food cravings correspondent à des envies intenses de manger des aliments spécifiques, souvent riches en sucre, en gras ou en sel).

Une cinquantaine d’adolescents âgés de 13 à 17 ans ont participé à cet essai contrôlé randomisé. Une moitié a reçu une intervention courte de type thérapie comportementale et cognitive (TCC) visant à identifier les problèmes de sommeil et à fournir une psychoéducation sur l’hygiène du sommeil et la relaxation, en fixant des objectifs pour augmenter la durée du sommeil. L’autre moitié (groupe contrôle) bénéficiait également d’une TCC centrée quant à elle sur l’amélioration des compétences d’étude (techniques d’apprentissage actif, gestion du temps, fixation d’objectifs). Tous les participants ont porté un actigraphe[1] au poignet toutes les nuits pendant une semaine, avant, puis après l’intervention.

Les auteurs mettent tout d’abord en lumière le fait que la durée totale du temps de sommeil mesurée avant l’intervention (c’est-à-dire le nombre total de minutes de sommeil, excluant les périodes de réveil pendant la nuit) n’est pas significativement associée aux envies alimentaires irrépressibles. Par contre, la qualité du sommeil, évaluée au moyen d’un index de fragmentation du sommeil est liée aux food cravings. En d’autres termes, plus un adolescent présente un sommeil fragmenté, plus il est à risque vis-à-vis de ces envies alimentaires intenses. Concernant les impacts de l’intervention, il apparaît que les adolescents ayant bénéficié de la TCC sur le sommeil ont significativement plus réduit leurs food cravings,comparativement au groupe contrôle. Cette diminution s’accompagne d’améliorations modestes du sommeil (en quantité et en qualité) ; toutefois, ces dernières ne sont pas statistiquement significatives, probablement en raison de la taille limitée de l’échantillon.

En conclusion, cette étude souligne le fait que c’est plus la qualité du sommeil que sa quantité qui est associée au food cravings chez les adolescents et qu’une intervention visant à améliorer le sommeil peut participer à diminuer ces envies alimentaires irrépressibles dans cette population. Une mauvaise qualité du sommeil pourrait altérer le fonctionnement du cortex préfrontal, encore en développement à l’adolescence, réduisant ainsi le contrôle des impulsions et augmentant les food cravings.


[1] L’actigraphe est un instrument utilisé pour surveiller les modèles veille-sommeil, grâce à un accéléromètre intégré.

KIDWELL, KM. HAMILTON, AL. DEYO, AG. « et col. » Adolescent sleep and food cravings: randomized controlled trial of a sleep intervention. Health Psychology and Behavioral Medicine, 2025, 13, 1, 2590853, doi: 10.1080/21642850.2025.2590853.