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Graisse viscérale : un impact durable sur le déclin cognitif

Brèves scientifiques
Publié le 08/06/2026
Publié le 08/06/2026
Temps de lecture : 3 minutes
CreditPhoto: paul

Des données longitudinales montrent qu’une réduction durable de la graisse viscérale, indépendamment de la perte de poids, est associée à de meilleures performances cognitives et à un ralentissement de l’atrophie cérébrale plusieurs années plus tard.

Le tissu adipeux viscéral correspond au tissu graisseux situé à l’intérieur de la cavité abdominale, entourant les organes intra-abdominaux. Un tissu adipeux viscéral en excès est associé à un risque accru de maladies cardiovasculaires ou encore de diabète de type 2. Plusieurs travaux scientifiques ont aussi montré des liens entre une accumulation excessive de tissu adipeux viscéral et une santé cérébrale diminuée. Une nouvelle étude examine spécifiquement si une exposition à la graisse viscérale sur une longue période est associée à l’atrophie cérébrale et à la performance cognitive.

En pratique, 533 adultes (âge moyen = 61 ans, IMC moyen = 30,1 kg/m², tour de taille moyen = 105,5 cm) ont été recrutés pour cette étude. Ils avaient tous en commun le fait d’avoir participé quelques années auparavant (entre 5 et 16 ans) à un essai contrôlé randomisé, d’une durée allant de 18 à 24 mois et ciblant le mode de vie de personnes en situation de surpoids, avec une obésité abdominale ou avec un diabète de type 2. Leur exposition cumulative à la graisse viscérale a été évaluée au moyen de trois mesures réalisées par IRM : au début et à la fin de l’essai contrôlé randomisé, ainsi qu’à l’occasion de cette nouvelle étude, 5 à 16 ans plus tard.

Les résultats montrent qu’après ajustement sur de nombreux facteurs de confusion, une exposition plus faible à la graisse viscérale est associée à une fonction cognitive améliorée,évaluée au moyen du questionnaire MoCA (Montreal Cognitive Assessment) qui examine plusieurs aspects de la fonction cognitive : mémoire à court terme, mémoire de travail, attention, langage ou encore capacités visuospatiales. Par ailleurs, parmi les participants ayant également bénéficié de trois IRM cérébrales sur l’ensemble de la période (n = 188), il apparaît qu’un niveau plus bas de graisse viscérale à long terme est associé à une progression plus lente de l’atrophie cérébrale.

A noter que les auteurs ont aussi examiné les liens longitudinaux entre l’IMC et les scores cognitifs ou l’atrophie cérébrale et qu’ils n’ont relevé aucune association significative.

En conclusion, ces données suggèrent qu’une perte durable de graisse viscérale, plutôt qu’une simple perte de poids, est associée à de meilleures capacités cognitives et à une atténuation de l’atrophie cérébrale plusieurs années plus tard. Les auteurs soulignent que ce bénéfice s’expliquerait plus par une amélioration du contrôle glycémique que par une évolution positive des marqueurs lipidiques ou inflammatoires.

PACHTER, D. KLEIN, H. KAMER, O. « et col. » Sustained visceral fat loss is associated with attenuated brain atrophy and improved cognitive function in late midlife. Nature Communications, 2026, doi: 10.1038/s41467-026-71141-4.