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Cancer de l’endomètre : un possible rôle protecteur des produits laitiers

Brèves scientifiques
Publié le 02/03/2026
Publié le 02/03/2026
Temps de lecture : 7 minutes
CreditPhoto: Vladislav Noseek

Selon les résultats d’une étude cas-témoins, une consommation intermédiaire ou élevée de produits laitiers, entiers ou allégés, serait protectrice vis-à-vis du risque de cancer de l’endomètre, comparativement à une consommation faible. Des études de plus grande envergure et réalisées sur des populations diversifiées seront néanmoins nécessaires pour confirmer ces résultats.

Le cancer de l’endomètre représente l’un des cancers gynécologiques les plus fréquents, se classant au 6e rang des cancers les plus courants chez la femme dans le monde. Bien que plusieurs facteurs de risque tels que l’excès d’adiposité, les troubles métaboliques ou encore les déséquilibres hormonaux aient été largement étudiés, les liens entre le cancer de l’endomètre et l’alimentation demeurent peu documentés. Une étude cas-témoins réalisée en milieu hospitalier examine les liens entre la consommation de produits laitiers et le risque de survenue de cancer de l’endomètre.

Au total, 408 femmes iraniennes âgées de 40 à 79 ans ont été incluses dans cette étude : 136 étaient atteintes d’un cancer de l’endomètre et 272 composaient le groupe témoin. Leurs consommations alimentaires sur la dernière année ont été évaluées au moyen d’un questionnaire de fréquence alimentaire. Les produits laitiers (lait, fromage, yaourts, produits laitiers fermentés traditionnels, glaces[i]) ont été classés en 2 catégories : les produits laitiers entiers et ceux allégés en matières grasses. Une analyse indépendante a été réalisée pour le beurre.

Les résultats montrent une consommation moyenne quotidienne de 2,82 ± 1,30 portions de produits laitiers dans le groupe des femmes atteintes d’un cancer de l’endomètre et de 2,97 ± 0,60 dans le groupe témoin, sans différence significative entre ces deux groupes.

Les résultats de la régression logistique ajustée sur de nombreux facteurs confondants tels que l’âge, le tour de taille, l’activité physique, l’âge d’apparition des premières règles ou encore les antécédents familiaux de cancers montrent un risque diminué de cancer de l’endomètre parmi les femmes ayant une consommation intermédiaire de produits laitiers (environ 2 à 3 portions[ii] par jour) (rapport des cotes ou odds ratio OR = 0,14 ; IC95% = [0,06-0,30]) et celles ayant une consommation élevée (OR = 0,31 ; IC95% = [0,16-0,61]), comparativement aux participantes ayant la consommation la plus faible (groupe référence : OR = 1). De la même façon, des consommations intermédiaires ou élevées de produits laitiers entiers ou de produits laitiers allégés en matières grasses semblent protectrices vis-à-vis du risque d’apparition d’un cancer de l’endomètre (cf. tableau 1). Par ailleurs, la consommation de beurre n’est pas significativement associée à ce même risque. A noter qu’une analyse effectuée dans le sous-échantillon des femmes ménopausées montre des résultats similaires pour l’ensemble des catégories de produits laitiers.

 Conso faible (1er Tertile)Conso intermédiaire (2e Tertile)Conso élevée (3e Tertile)P
Produits laitiers totaux1,00 (référence)0,14 [0,06-0,30]0,31 [0,16-0,61]< 0,01
Produits laitiers entiers0,18 [0,09-0,37]0,39 [0,20-0,76]< 0,01
Produits laitiers allégés0,31 [0,15-0,63]0,37 [0,19-0,72]< 0,01
Beurre1,20 [0,63-2,28]0,84 [0,43-1,63]0,63
Tableau 1 : Rapports des cotes ou odds-ratio et indices de confiance à 95 % correspondant aux résultats des régressions logistiques ajustées examinant les liens entre la consommation des différents types de produits laitiers (tertiles 1, 2 et 3) et le risque de cancer de l’endomètre. Une consommation intermédiaire correspond à environ 2 à 3 portions de produits laitiers (totaux) par jour.

Pour conclure, cette étude suggère qu’une consommation modérée ou élevée de produits laitiers quelle que soit leur teneur en matières grasses pourrait avoir un effet protecteur vis-à-vis du risque d’apparition de cancer de l’endomètre. Les teneurs en calcium, en acide linoléique conjugué ou encore en vitamine D des produits laitiers pourraient expliquer cet effet protecteur, en particulier en raison de leurs effets anti-inflammatoires et de leurs capacités à inhiber la carcinogenèse.

ETESAMI, E. NIKPARAST, A. GHANAVATI, M. « et col. » Dairy products consumption linked to decreased risk of endometrial cancer: A case-control study. Scientific Reports, 2025, 15, 35271, doi: 10.1038/s41598-025-17063-5.


[i] A noter qu’il s’agit d’une classification iranienne des groupes alimentaires qui, en raison des traditions culinaires, inclut les glaces dans les produits laitiers, contrairement aux classifications habituellement utilisées dans un contexte français (cf. Esfahani FH et al. 2010, doi : 10.2188/jea.je20090083)

[ii] La taille des portions considérée correspond aux références iraniennes.