Une session des Journées Francophones de Nutrition 2025 était dédiée aux Traitements Médicamenteux de l’Obésité (TMO) dans la prise en charge de l’obésité. Ces traitements connaissent actuellement une évolution majeure grâce à l’émergence de nouvelles molécules plus efficaces et mieux tolérées : les analogues du GLP-1.
Bérénice Segrestin (Lyon), membre du Groupe de Concertation et de Coordination des Centres Spécialisés de l’Obésité (GCC CSO), rappelle tout d’abord qu’au niveau mondial, environ 1 milliard de personnes se trouvent en situation d’obésité et que la période actuelle se caractérise par une explosion de la prescription des analogues du GLP-1 dans le cadre du traitement de l’obésité. Sur le marché français, si ces médicaments ne sont toujours pas remboursés, plusieurs sont déjà disponibles, tels que le sémaglutide (analogue simple du GLP-1) et le tirzépatide qui est quant à lui un agoniste double des récepteurs GLP-1 et GIP (glucose-dependent insulinotropic polypeptide). Selon la chercheuse, d’autres traitements devraient rapidement arriver ; elle cite en particulier le retatrutide qui est un tri-agonistes GLP-1, GIP et Glucagon.
Bérénice Segrestin explique que la perte de poids induite par un TMO suit 2 phases (cf. figure 1) :
- une réduction pondérale qui s’étale habituellement sur une période de 12 mois maximum ;
- une phase de stabilisation du poids, en étant toujours sous traitement ; on parle de plateau pondéral.
La perte de poids moyenne est en général plus importante avec le tirzépatide (perte de poids moyenne de 20 % du poids initial) qu’avec le sémaglutide (15 %).

La chercheuse insiste sur le fait que les recommandations actuelles, en particulier celles de l’OMS, publiées en 2025, stipulent que les agonistes du GLP-1 peuvent être utilisés chez l’adulte (à l’exception de la femme enceinte), pour le traitement à long terme de l’obésité. La question du maintien du traitement à long terme est en effet un élément clé à considérer, car un arrêt de la prise des médicaments entraîne en moyenne une reprise de poids de 2/3 du poids perdu (cf. figure 2).

Bérénice Segrestin précise que les TMO sont des traitements de 2e intention, destinés aux patients ayant déjà bénéficié d’une prise en charge nutritionnelle, comportementale (incluant la qualité du sommeil et la gestion du stress) et en activité physique de première intention. Par ailleurs, ils s’adressent tout particulièrement à des patients atteints d’obésité dont la sévérité est de niveau 2 et de niveau 3 selon l’HAS (Haute Autorité de Santé).
Il est important de ne pas négliger les différents risques potentiels qui peuvent être consécutifs à la prise d’analogues du GLP-1, en particulier :
- le risque de dénutrition. Des seuils d’alerte ont été fixés par le groupe de travail GCC CSO. Il est en effet nécessaire de procéder à une adaptation du traitement si ces seuils de perte de poids sont atteints, à savoir :
- une perte de poids supérieure à 10 %, à 3 mois,
- ou une perte de poids supérieure à 20 % à 6 mois (cf. figure 1).
- le risque de carences en micronutriments, les personnes les plus à risque étant les plus âgées ou encore celles avec un antécédent de chirurgie bariatrique ;
- le risque de lithiase biliaire, pour lequel la prévention consiste en une échographie abdominale et la prise potentielle d’acide ursodésoxycholique.
Une prise en charge diététique s’avère par ailleurs primordiale, afin de gérer au mieux les effets digestifs indésirables consécutifs à la prise d’analogues du GLP-1. En effet, s’il existe des recommandations générales, comme un temps de repas de 20 minutes au minimum, une bonne mastication et un respect des sensations de faim et de satiété, le diététicien va pouvoir affiner les conseils alimentaires en fonction du contexte et du type d’effet indésirable constaté.
Pour finir, deux autres chercheuses ont participé à cette session de conférences :
- Chloé Amouyal (Paris) examine les risques de sarcopénie chez les patients traités avec des analogues du GLP-1. Elle souligne que la perte de masse maigre associée aux traitements atteint en moyenne 25 %, avec une grande hétérogénéité entre les études et qu’aucune étude n’examine les impacts sur la fonction musculaire.
- Ophélia Godin s’intéresse quant à elle à la population spécifique des personnes souffrant de troubles psychiatriques. Elle met en lumière une efficacité et une tolérance similaires dans cette population, comparativement à la population générale, ainsi que quelques effets positifs du traitement sur les symptômes psychiatriques, ainsi que sur la qualité de vie, notamment une réduction de la consommation d’alcool chez les patients atteints de TUA (Trouble de l’Usage de l’Alcool).
Journées Francophone de Nutrition, décembre 2025, Lyon