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Le rôle de la littératie en santé pour se protéger des fake news en nutrition

Brèves scientifiques
Publié le 06/04/2026
Publié le 06/04/2026
Temps de lecture : 3 minutes
CreditPhoto: Kiattisak

Les personnes présentant des situations professionnelles et économiques plus fragiles, ainsi que les séniors sont plus à même de présenter des niveaux bas de littératie en santé. Ces mêmes populations présentent un risque augmenté de croire et de relayer sur les réseaux sociaux de fausses informations liées à l’alimentation.

À l’ère du numérique, l’accès à l’information en santé et en nutrition n’a jamais été aussi simple, ni aussi risqué. Les réseaux sociaux diffusent constamment des contenus sur l’alimentation, mêlant des données scientifiques, des opinions et des fausses informations (fake news). Une équipe de recherche italienne a réalisé une étude dont l’objectif était d’examiner les liens entre la littératie en santé et l’attitude vis-à-vis de ces fake news en nutrition. Pour rappel, la littératie en santé désigne l’ensemble des connaissances et des compétences qui permettent à une personne de trouver, comprendre et utiliser les informations en santé, afin de prendre des décisions éclairées, préserver sa santé et améliorer sa qualité de vie, et ce, tout au long de la vie. Concrètement, près de 2 300 adultes, âgés de 18 à 75 ans, ont participé à cette étude transversale consistant à répondre à un questionnaire en ligne.

Les résultats montrent tout d’abord que la littératie en santé n’est pas répartie de manière homogène dans la population. Elle est en effet étroitement liée à des déterminants sociaux : âge, niveau d’éducation, situation économique ou encore statut professionnel. L’étude souligne notamment que les séniors ainsi que les personnes ayant un faible niveau d’éducation ou un emploi précaire sont plus à risque de présenter des scores bas de littératie en santé.

Il apparaît par ailleurs que ces mêmes populations présentent des probabilités plus élevées de croire et de partager des fakes news relatives au domaine de la nutrition. Les auteurs montrent tout particulièrement que :

  • les participants de plus de 65 ans présentent un risque beaucoup plus élevé, comparativement à ceux de moins de 40 ans (Odds Ratio OR = 19,4) ;
  • les personnes sans emploi ont un risque plus élevé comparativement aux fonctionnaires (OR = 7,1) ;
  • les participants ayant un diplôme de niveau baccalauréat ont un risque plus élevé comparativement à ceux avec un diplôme universitaire (OR = 2,5).

A noter enfin que près de 50 % des participants déclarent suivre des conseils diététiques issus d’influenceurs ou de célébrités et que cette confiance en les influenceurs est significativement diminuée quand le score de littératie en santé augmente.

En conclusion, cette étude met en évidence le rôle protecteur d’un niveau élevé de littératie en santé, vis-à-vis du risque de croire et de relayer des informations erronées en nutrition publiées sur Internet. Les auteurs soulignent l’importance de cibler les populations les plus précaires pour réaliser des interventions visant à améliorer la littératie en santé. Ces actions pourraient contribuer à limiter la propagation de fake news en nutrition et à donner aux individus les moyens de faire des choix alimentaires plus sains.

GABELLONE, V. NUCCETELLI, F. BONACCORSI, G. « et col. » Exploring the relationship between health literacy and attitude to believe fake news about food: a survey among the Italian population. BMJ Nutrition, Prevention & Health, 2025, 8, e001231, doi: 10.1136/bmjnph-2025-001231.